Mobilisation des Peuples contre l’Impunité des Transnationales,
vendredi 25 novembre 2016
par NA Franck
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Mobilisation des Peuples contre l’Impunité des Transnationales IMG/flv/Manifantitransnat2016.flv
Manifestation Genève octobre 2016

Prise de parole pendant la manifestation : Campagne globale pour revendiquer la souveraineté des Peuples et démanteler le pouvoir des multinationales et mettre fin à leur impunité  : Prise de parole Melik ÖZDEN, Directeur du Centre Europe Tiers-Monde – CETIM

traduction résumée des prises de paroles hispanophones :

 Prise de parole (Hispanique) de Santiago Machado Aráoz, Red Sombra de Observadores de Glencore, région de  Catamarca, Argentine

Traduction résumée :

Glencore est une des plus grandes multinationales. Elle fait beaucoup de dégâts notamment au Pérou, en Colombie, en Bolivie, en Equateur et en Argentine. Elle criminalise la société civile contre ses actions néfastes. Il est important de dénoncer et de faire connaître aussi ici en Suisse l’action anti-environnementale et antisociale de cette société. On peut aider en diffusant les informations sur le préjudice que la société civile et la nature subissent de Glencore au Pérou, en Colombie, en Bolivie, en Equateur et en Argentine ; et en diffusant les actions contre cette multinationale .

Santiago Machado Aráoz, Red Sombra de Observadores de Glencore IMG/flv/ManifAntimultinatglencor.flv
video hispanique
Maitre Pablo Fajardo, IMG/flv/ManifantitransnAvocaatVictimmeChevron.flv
avocat principal des victimes de TEXACON CHEVRON

Video en espagnol avec traduction de la prise de parole en Français de la prise de parole de madame Mariana Jimenez, représentante paysanne de l’UDAPT en fin de video.

Traduction résumée :

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Melik ÖZDEN,
Directeur du Centre Europe Tiers-Monde – CETIM
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maitre Pablo Fajardo,
avocat principal des victimes de Chevron Texaco

Maitre Pablo Fajardo, avocat principal de l’UDAPT- Union des Affecté-es (victimes) par les opérations pétrolières de TEXACO (maintenant CHEVRON) :

Pablo Fajardo est l’avocat principal de l’UDAPT. Il coordonne des procès en Argentine, au Canada, et au Brésil où il cherche à faire exécuter la sentence de 9.5 milliards de dollars à l’encontre de la société transnationale CHEVRON, émise par la Court Suprême équatorienne pour les dommages environnementaux, sociaux et culturels causés en Amazonie. Jusqu’à maintenant la sentence de justice n’a pas été exécutée parce que l’entreprise CHEVRON a retiré tous ses biens en Equateur et cherche par tous les moyens de ne pas payer la sanction. Pour cela il a entre autres a engagé pas moins de 2000 avocats pour s’y opposer et mener des actions légales contre les victimes dans différents pays. Alors que les communautés affecté-es n’en disposent que d’une quinzaine. Dans le cadre de Mobilisation des Peuples contre l’Impunité des Transnationales, c’est l’exemple emblématique pour montrer que si il n’y a pas de règles contraignantes envers les sociétés transnationales, elle ne respecteront toujours pas les droits humains, et bafoueront encore l’environnement. Et la justice ne sera pas appliquée.

Prise de parole de madame Mariana Jimenez, représentante paysanne de l’UDAPT. (traduction consécutive)

« L’auto-régulation n’a jamais fonctionné. Nous avons besoins de normes contraignantes. Maintenant ». Tel a été le message d’Alfred de Zayas, Expert indépendant de l’ONU pour la promotion d’un ordre international démocratique et équitable devant le parlement de Catalogne en juin 2016, en référence aux entreprises multinationales et le respect des droits humains. En effet, pour aussi surprenant que cela puisse paraître, même si les droits humains sont reconnus au niveau international, il existe un vide réel en ce qui concerne leur respect, surtout lorsqu’il s’agit des multinationales. Entre le 24 et le 28 octobre aura lieu à Genève, la deuxième session du Groupe de travail intergouvernemental du Conseil des droits de l’homme de l’ONU chargé d’élaborer un instrument international juridiquement contraignant pour réglementer les activités des multinationales dans ce domaine. Au niveau national, dans différents espaces de l’Union Européenne des initiatives citoyennes se déploient afin d’avancer dans ce sens. Dans ce cadre-là, le but de la Table Ronde « Au nom du profit, tout est permis ? Tour d’horizon des initiatives européennes pour réguler les activités des multinationales » est d’en partager les tenants et aboutissants et de réfléchir collectivement sur les différentes stratégies qui se mettent en place et les obstacles auxquelles elles se confrontent. La Table Ronde comptera avec l’exposition d’un impact concret, présenté par la Red Sombra de Observadores de Glencore, suivi de trois processus de régulation en Suisse, France et Catalogne, aux avancées différentes, et nous conclurons avec la présentation du livre Impunité des sociétés transnationales, qui propose une réflexion en profondeur sur l’historique et les enjeux de la régulation internationale pour les multinationales.

Organisation : la Campagne Globale pour Revendiquer la Souveraineté des Peuples, Démanteler le pouvoir des Multinationales et mettre fin à leur impunité, CETIM, Intiative Multinationales responsables, Forum citoyen pour la RSE, TNI, Red Sombra, Grup de Treball sobre Empreses i Drets Humans (Catalunya).

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photo Camille de B.
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photo Camille de B.

Récemment, une enquête remarquable de Public Eye a révélé que des négociants en pétrole établis à Genève, notamment Trafigura, Vitol et Addax & Oryx, profitent de la faiblesse des normes en Afrique pour y vendre des carburants hautement polluants, maximisant ainsi leurs profits au détriment de la santé de la population africaine. Les résultats des échantillons prélevés à la pompe par Public Eye dans huit pays sont choquants : les carburants analysés ont jusqu’à 378 fois plus de soufre que la teneur autorisée en Europe ! Ils contiennent d’autres substances très nocives, comme du benzène et des aromatiques polycycliques, à des niveaux également interdits par les normes européennes. Ces négociants genevois ne se contentent pas de vendre du diesel et de l’essence toxiques ; ils les fabriquent à dessein, en mélangeant divers produits pétroliers semi-finis à d’autres substances pétrochimiques afin de créer ce que l’industrie appelle « la qualité africaine ». Ils produisent ces carburants toxiques pour l’Afrique aux Pays Bas, alors qu’elles exportent vers l’Europe du pétrole brut africain d’excellente qualité ! Résultat : on prévoit que la pollution de l’air liée au trafic routier causera, en 2030, trois fois plus de décès prématurés en Afrique qu’en Europe, aux Etats-Unis et au Japon réunis.

Trafigura était déjà l’auteur d’une pollution criminelle en 2006, ayant déchargé des déchets toxiques dans le port d’Abidjan qui ont empoisonné plus de 43 000 personnes (l’affaire Probo Koala). Depuis, elle a annoncé son intention de devenir « un leader reconnu en matière de responsabilité sociale d’entreprise », notamment en se conformant aux Principes directeurs (non-contraignants !) de l’ONU relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme. Puma Energy, une filiale de Trafigura, réagit au scandale des carburants toxiques en se disant favorable à « un resserrement des normes de qualité du carburant vendu dans les pays africains ». En attendant, sans législations nationales et internationale contraignante, la « loi » du marché oblige à empoisonner... Ces carburants toxiques ne sont qu’un exemple parmi des centaines d’abus et crimes commis par des transnationales. C’est pourquoi nous appuyons :

- Les négociations à l’ONU pour un Traité contraignant sur les responsabilités des transnationales
- L’initiative fédérale pour des multinationales responsables, qui rendrait les transnationales - - La résistance aux traités de « libre »-échange (TISA, TTIP, CETA, de l’OMC, etc.) qui, au contraire, s’attaquent au droit des Etats de réguler leurs activités et à la souveraineté des peuples !
Manifestation organisée par la Campagne Globale pour Revendiquer la Souveraineté des Peuples, Démanteler le pouvoir des Multinationales et mettre fin à leur impunité, CETIM, Groupe Ecosocialiste, Coordination Climat Justice Sociale, Comité contre TISA, SolidaritéS, Parti Socialiste Genevois, Marche Mondiale des Femmes, ATTAC Genève.