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Tragédie Express
Tragédie Express Ciné blabla
mercredi 24 mars 2010

3° Ciné Bla Bla Qu’est ce que CINÉBLABLA ? Ciné-Blabla est une séance de cinéma, courts métrages et extraits de films, pour laquelle chacun peut refaire la bande-son : paroles, bruitages, musique... Certains préparent une réinvention du son, avec leurs instruments de musique ou une réécriture des dialogues. On trouve sur place des accessoires pour de nouveaux bruitages. Il est possible de prendre connaissance des films programmés au paravant. On peut apporter ses images (format CD ou VHS. Durée recommandée : 5 minutes). Une partie des interventions auditives est improvisée. C’est une façon de dire . Une façon de dire : OUI, le cinéma , ce sont des images, peut-être une histoire, parfois des couleurs, mais c’est aussi du son : de la musique (collage ou conçue spécialement comme un opéra peut l’être), des dialogues, des souffles, des étincelles de génies bruitistes, des silences éloquents .

Certains réalisateurs ont été maitres de la partition sonore, ou dans le rapport que peut entretenir image et son : on pense illico à TATI. Mais aussi à CHAPLIN qui, utilisant pour la première fois le cinéma parlant va utiliser des mots de plusieurs langues dans la même chanson ; brouillant ainsi le sens au bénéfice de l’impression et de la gestuelle. Il fut comme d’autres cinéastes, musicien-compositeur lui-même.

Le cinéma a donné commande aux plus grands compositeurs. Certains vont même

disparaitre des scènes pour ne se consacrer qu’aux productions cinématographiques : le jazzman Laslo Schiffrin dont on connait les refrains de plusieurs films-cultes, pour ne citer que lui.

Mais la partie sonore est le parent-pauvre des génériques et des arguments commerciaux. Pour renverser cette tendance, certains réalisateurs ont parfois fait la part belle à des instants purement sonores. Et quelques jusque-boutistes iront jusqu’à réaliser des films noirs (rien ou presque à l’image) . Une manière de renverser la vapeur, jouer avec l’obscurité, créer après le cinéma muet et le cinéma parlant, le cinéma sonore. Deux exemples extrêmes : Walter RUTTMANN "WEEKEND" réalisé en 1930 (diffusé en miniCD par "la collection pour l’oreille" , Metamkine ) et MONTEIRO qui avec son film "BLANCHE-NEIGE" propose un film tourné en 35 millimètres avec histoire, actrice et acteurs, décor, tout tout tout, mais qui laissera volontairement le bouchon opaque sur l’objectif de la caméra. Les noirs varient légèrement suivant les ambiances lumineuses extérieures. Les bruits deviennent très intimistes. Et l’actrice principale en fera une dépression nerveuse.

Certains films possèdent une longue séquence noire ou très sombre pour laisser place à la bande son : "l’anticoncept " de GILWOLMAN de 1952, la production nihiliste de Jean

DEBORD, ou "l’Homme Atlantide" de Marguerite DURAS. Pour les films courts la liste est longue, car il faudrait rajouter les films dont l’image devient insignifiante pour s’effacer devant une perle sonore : Lemaitre, Ivens, Léger, Ruttmann , Richter, Eggeling, Fischinger ; Voilà pour les historiques. Il servent encore de base à ceux qui voudraient

s’aventurer à organiser une nuit du film sonore .

Film sonore, pléonasme auquel on pourrait rajouter les films qui ont une structure empruntée à la musique (un menuet, un pogo, une sonate...) et ceux dressant (ils sont les plus nombreux) traitant de la musique ou dressant unportrait de musiciens (de Thelonious Monk à Janis Joplin, de Bird à Mozart). Il reste encore les clips musicaux avec quelques belles réussites (surtout avant 1990). Et puis, il y a les réalisateurs qui préconisaient un habillage sonore en direct du film depuis la salle pendant la projection ou exigeait comme MÉLIÈS un pianiste devant l’écran. Ce dispositif scénique a été repris par

des musiciens d’électro ou de jazz comme par exemple l’Arfi qui fit longtemps une tournée musicale sur la projection du "CUIRRASSÉ POTEMKINE". Et là on retrouve le principe du Ciné BLABLA.

Car, malgré tout, ils sont nombreux ces films qui reconnaissent au son un rôle primordial dans le déroulement du film, et jusque dans son dénouement. Quand les violons ne servent pas seulement à faire pleurer dans les moments pathétiques et les claquement à prouver que la porte se ferme. Le son à part entière, sans être assujetti à l’image, sans être l’illustration d’une thèse narrative et visuelle, voilà l’objet de cette réhabilitation . Cela reste mon attirance et un grand plaisir quand je monte un film, et quand se révèle la synesthésie entre les différentes sources combinées pour mon film. Une belle rencontre multimédia va parfois justifier un plan.

Pour un cinéBLABLA précédent, nous avons aussi utilisé l’internet, afin de faire parvenir à une lectrice un texte venu le jour même de l’autre côté de la planète et des images d’une réalité du bout du monde.

Les formes sont donc ouvertes , quand il s’agit de se faire entendre et

provoquer des mariages entre ce qui se voit et ce qui s’écoute. Connaitre

ainsi des moments synchrones.

, aux ateliers AVEC VUE SUR LA MER, Saint Montan 07220, Ardèche, France renseignements 04 75 52 51 01


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