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film " 20 ans, c’est tout une histoire !"
mercredi 1er janvier

" 20 ans, c’est tout une histoire !" fable contemporaine.

Une conception et un tournage participatifs.

Premières projections : quartier des Promenades de l’Europe, novembre 2012 . projection : du film "20 ans c’est tout une histoire"

Première fiction participative d’une série de SIX, tournés en cinq ans, dans différents pays ( Afrique, Inde, Europe, camp de réfugiés)

 
Pierre BASTIEN, musicien
mardi 2 juillet 2019
par NA Franck
concert Pierre Bastien QUIET MOTORS 4 IMG/flv/APIPierreBastienconcert4juin2019.flv
A l’API Genève 29 juin 2019
concert Pierre Bastien QUIET MOTORS 3 IMG/flv/APIconcert3PierreBastienQUIETMOTORS.flv
A l’API Genève, le 29 juin 2019
Pierre Bastien concert QuietMotors IMG/flv/API2PierreBastienconcertQuietMotors.flv
API Genève 29 juin 2019
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Pierre Bastien 2019

juin 2019 QUIET motors dispositif musical Pierre Bastien

concert Pierre Bastien IMG/flv/APIconcertPierreBastien2019juinQUIETmotors.flv
QUIET Motors, 29 juin 2019 à l’API Genève

video NA

https://www.redbullradio.com/shows/fireside-chat/episodes/pierre-bastien

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Quiet Motors Pierre Bastien ©Studio WalterW
Pierre Bastien concert QuietMotors
API Genève 29 juin 2019
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API Presse Pierre Bastien
LETEMPS juin 2019

 [1] Genève 5 mai 2016

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Pierre Bastien NA

 [2]

 

[1] Une critique musicale

Pierre Bastien, musicien

Pierre Bastien m’a transmis sa méfiance quant aux collectifs humains : Il est profondément sur ses gardes. Et peut devenir violent sous ses allures de grand Meaulnes fragile. Un jour son complice des premières heures. Bernard Pruvost m’a dit : « Mais non, Pierre n’est pas méchant, Il est même trop gentil. Il aura du mal à dire non. Et pourtant, il ne viendra pas. » Et il ne viendra pas parce qu’il ne s’associera pas à un groupe. Il se sentirait dévoyé, et même dévergondé. Tant son trésor est insoluble.

Quand le groupe a tous les attributs du pervers narcissique et recherche dans la minorité son gibier. Tribunal populaire. Rage collective. Colportages de calomnies. Colonialisme convaincu. Exactions émotives, sans procès, par police servile, par sauvagerie gratuite. Horreurs définitives.

Il n’y a rien de complexe à ce qui provoque cette farouche colère collective. Les douleurs ont amenuisé les raisons, éliminer des causes trop floues ou polymorphes ou les torts partagés. Maintenant toutes les occasions sont bonnes pour mordre. Il faut mordre. Tout est bon pour mordre. Le groupe a trouvé dans le groupe ses raisons d’être, et renforce son aveuglement. L’humain a disparu, et les règles du groupe n’existent que dans ce groupe. Il autogénère ses lois. La souffrance fait aimer la souffrance dans le visage de l’autre. Rien d’excusable mais méfiez vous des mal-lotis par la nature, par l’injustice, par la bêtise. Nul n’est méchant volontairement disait Platon. Cela ne veux pas dire que nul n’est méchant. Cela veut dire qu’il y a beaucoup d’irresponsables. Par vanité, par insuffisance, par souffrance. Là tout les coups sont permis : on peut être bête et bon acteur. On peut être vain et charismatique. On peut être en train de crever et vouloir entaîner dans sa chute le maximum de personnes. Pourquoi des désespérés choisissent de se jeter sous un train : Parce que le train est bondé. Bondé de consciences que l’on voudrait compassionnelles. On se jette sous le transport public comme pour prendre la parole une dernière fois. Pour que cela se sache. Théoriquement. Parce qu’on a encore espoir que cela changera quelque chose, si ce n’est pour nous ( celui qui se suicide) mais pour ceux qui devraient connaître par la suite le même chemin que nous. C’est une marque de faiblesse et en même temps d’espérance. C’est absurde. Une vengeance sur la mort. Le groupe pervers narcissique s’aime pour lui-même. Il aime les chants militaires, mécaniques bien scandées et il appelle cela du rock ou de la techno. Il t’embrigadera en te faisant vibrer les pulsions les plus élémentaires. Tes penchants naturels, tu les réserveras alors au groupe. Il en veut ainsi. Ainsi il te fera aimer la guerre. Le groupe connaît des victoires, toi non ; le groupe empêche de se morfondre dans des questions sans réponse. Le groupe tient la personne, et c’est bon d’être enlacé quand on a été tant chancelant. Le groupe permet de s’identifier. Le groupe efface tes contradictions. Tu as ta place dans le groupe. Tu es vassalisé. Le groupe est une ogresse. Une matriarcat, avec des seins généreusement soporifiques.

Le groupe veut parler d’une seule voix et ne supporte pas les contretemps dans son dessein parfait. Le groupe se fout de la vérité. Il a toujours raison. S’il veut avancer, le groupe doit élaguer les différences.

Heureusement il y a le jazz. Le jazz c’est la rouille dans le béton armé. Par l’intérieur. La rouille sur le béton partage la couleur du sang séché. Celui que l’on ne voit pas s’écouler. Le jazz c’est l’éloge de l’individu. Aussi anarchiste que Dieu, avant qu’il ne s’habille. C’est l’éloge de l’individu qui a l’intégrité de sa place dans un groupe. Quand vient son tour, c’est son tour pleinement. C’est l’harmonie d’individus ensemble. Quand c’est impossible, quand le compositeur veut toutes les places, il remplace les individus par des machines. C’est louable, mais faut assurer. Et se renouveler. Etre homme–orchestre. Démiurge solitaire. Avoir un orgueil digne de fier-à-bras. Et c’est cela qui nous sauvera. : le panache de celui qui chante pour ne pas entendre le feu du bûcher qui crépite à ses pieds. Apprenez une chanson, apprenez au moins un chant à vos enfants : cela pourrait être utile. Preuve que la culture est utile.

Pour jouer comme Pierre Bastien, et il joue bien, il faut une misanthropie surtout à l’égard des musiciens qu’il faut diriger. En cela il est digne héritier du jazz : soit le musicien est un exécutant soit il compose . Il écrit. Il joue sa musique. Je ne dis pas qu’il ne faille pas avoir du génie parfois pour interpréter. Je ne dis pas qu’un musicien se doit d’être original. Personne n’arrive ex nihilo au monde. Chacun dispose de sources et choisira son degré de rejets de son héritage. Mais pour certains, diriger est déontologiquement pénible. Alors si la complicité n’est pas à la hauteur de ce que l’on attend, reste à se débarrasser des individus trop bougeons et de ceux qui ne veulent qu’être façonnés. Pour Pierre Bastien, les problèmes sont résolus à partir du moment où sont évacués tout ce qui est humain, frictions d’égos, et métissages hasardeux. Au profit de la robotisation. Voilà : les automates feront l’affaire. Ils sont moins exigeants, Ils sont en soi une source de jeux de construction. Et le métissage devient lui aussi un jeu d’enfant : associer des instruments de la lutherie africaine, avec des inventions dignes de Raymond Roussel, (paperoles agités par souffles et venant percutés en rentrant en vibration une cage à insectes) ou avec des charpentes de mecano dérobés sur le Nautilus de Jules Verne qui maintiennent des trompes asiatiques qu’un soufflet asthmatique réveillent d’un râle presque régulier. La presquitude, c’est pour rester toujours en éveil. Autant le pifomètre est la science de savoir associer des paramètres aux inconnus multiples, autant la presquitude est l’art de montrer la perfection sans la dévoiler complètement. Dites moi si je dis des conneries. Mais pas avant d’avoir essayer de comprendre. Dans tous les cas, cela revient à faire des choix. Et trouver les priorités est difficile. La raison n’y suffit pas. Et le savoir des bien-assis, n’en parlons même pas. Donc, les machines obéissent à la règle. Elles sont régulières, ou presque. Et en cela, sont parfaites. Là, où elles faillissent, elles sont humanisées. Et l’aléatoire programmée de l’électronique peine à nous faire oublier le jeu sensible d’ Art Blakey. L’électronique est en avance sur son temps : il sera judicieux quand ce seront des machines qui écouteront la musique. Je suis sûr que des androïdes.,clones d’humains enrichis aux OGMs, seront ravis de décripter des sons issus de l’intelligence artificielle. On a osé reprocher à Thelenious Monk de ne pas être un virtuose. Lui qui créait la musique à chaque fois qu’il la jouait. Mais si l‘objectif est d’être virtuose, alors nous sommes dans le domaine du génie civile. Je préfère les grands films malades. Je préfère les accidents de parcours. Et si je prêche pour ma pratique visuelle en disant cela, mon plaidoyer pour les clinamens s’applique aussi pour la maitrise que Pierre Bastien a pu avoir, surtout aux débuts de son orchestre Mécanium sur la matière patinée, rugueuse, oscillante, d’une musique osant le chaos, assumant le désordre, universalisant un microcosme d’ébullitions spontanées.

Parce qu’il s’agit bien de cela : triturer le langage synthétique, arrêter de nous faire croire que notre modèle est naturel. Non, nous sommes en contact permanent avec l’artificiel : le plastique qui nous entoure, qui nous cerne est la preuve que nous sommes passés à l’ère des Cendres. Tout notre environnement est issu de la combustion. Mais même les flancs des volcans sont fertiles. S’il reste quelque chose d’organique dans notre quotidien, c’est notre corps et les corps nus que nous approchons. Le reste est cadastré, infecté, malaxé, manufacturé, extrait et mélangé, consumé par nos congénères et par nous même. Pollué par le simple fait d’être isolé de son milieu.

Je voudrais ici apporter un contre point à ce que j’ai dit de Pierre Bastien : Pierre a connu et connaît encore des partenaires de jeux : des partenaires hors-pairs, fantastiques, extraordinaires. (d’ailleurs j’aimerais bien qu’un jour, il fasse un duo avec Milford Graves). Mais il lui faut des collaborateurs muets. De ceux qui ne s’encombrent pas de valises sémantiques. Il lui faut des obstinés musiciens, auteurs de leurs destinées.

Pierre Bastien fait plein de belles mélodies. Ah Ah. Une ligne mélodique, ce n’est pas difficile pour lui. Les parties mélodiques sont très claires, bien détachées, bien présentes quand elles sont là , et en même temps elles n’ont aucune importance. On pourrait vous en fournir une autre. Au kilomètre. Ou bien utiliser la même sur un autre morceau. Rien à carrer. Comme Picasso se fout de son sujet, qui n’est que motif pour peindre. (prétexte pour écrire) L’arrangement lui, par contre, est primordial, rythmique(s), basse et une voix mélodique. Rien de sorcier. Et pourtant, c’est là que tout se joue. Que des éléments si divers puissent être ensemble et comme autour d’un feu de camp. Devenir complice dans un bien-être partagé. Alors, si c’est le cornet de Pierre Bastien qui s’octroie le chant mélodique, c’est pour mieux se poser sur le cercle attendri des créatures qu’il a créées. Il est le Gepetto et le cricket. La conscience et l’artisan. Sa trompinette devient le Pinocchio, celui qui ment si bien.

De n’avoir ni Dieu ni maitre découle une perte d’attaches, sans revendication, une solitude qui s’explore elle-même. C’est l’expédition sans explication, sans argumentaire, d’un monde intérieur, car dehors la confiance est brisée, la quête de justice est amertume, et la politique trompeuse par nature, en tout cas pour celui qui aurait toujours voté perdant, s’il avait voter. Le voyage au centre de son univers n’est pas pour autant une extraction pathologique. Non. On part pour y trouver le plaisir d’enfiler la panoplie d’inspecteur du singulier, de découvrir les rites populaires fictifs ( à la Henri Michaux) (folklore imaginaire comme diraient les Lyonnais), et garder intact l’illusoire de l’illusion. Qu’on vienne pas nous embêter avec des contacts réels, alors que nous, on joue.

Un boléro de Javel : Non. Un Speed-spleen, non. Une saudade arabo-andalouse. Un Blues comme l’orange : Quand on n’a de sa terre d’origine qu’une idée nostalgique ; quand on a été débouté trop tôt de l’Eden, de l’enfance et par des malignités obscures ; quand notre culture n’a pas été transmise à temps, quand sont morts trop tôt nos gardiens de la mémoire, et nos camarades d’utopies insignifiantes ; quand l’histoire voudrait nous donner tort, et que des fantômes nous habitent, et que ceux là-même nous ont décerné les forces pour accomplir les rêves avortés, il ne reste plus qu’à singer des pratiques collectives, d’inventer la roue de la fortune, de croire aux pantins que l’on se fabrique.

Accordeur de crécelles, capitaine de rouages cosmopolites et dépareillés, chef d’orchestre au long cours.

Pourtant, tenaces, titillent des attaches d’une Atlantide, là- bas au large, pas très loin mais inaccessible pour le coquillage que je suis, une oasis de clairvoyance, de miel et de soleil, de libertés vibrantes et d’absolu comme seul l’inconscient d’un jeune nabab inconscient peut connaître. De pouvoir absolu sur les choses, sur les êtres, de bonheur de référence, de jeux par excellence.

Comme si l’exil blindait : ne pas s’afficher dans le domaine public, socila, politique. Avoir des avis tranchés, qui ne seront pas de toutes façons partagés. Ignorer les milieux bien pensants, bien assis, bien en place. Et de leurs combines pour garder leurs culs sur leurs chaises. Garder distance. Garder silence. Ne pas mettre un mot dans la musique. Comme ça , ça me suffit. Ne pas mélanger. A non ! pas d’orientation sensée. Pas de poème qui viendrait polluer le son avec ses dérives multicouches, et ses mystères approximatifs, et ses connivences à deux balles. Et pourtant qu’elle vénération Pierre Bastien peut avoir pour la littérature, pour celle qui se lit. Mais chaque chose à sa place, c’est comme pour les arrangements musicaux. La chanson populaire est étymologiquement vulgaire. Le rock est n’est que marche militaire ou balade fleur au fusil. Quant au contemporain, dans son autosuffisance crasse, est soit grandiloquent, soit bruitiste (et là, merci, on a ce qu’il faut. (ou alors donnez nous les 24 heures du Mans)). Non, ici sont repris des standarts, du jazz ou presque, et ils seront jouer différemment : tout est dans la manière. Le style fait l’homme et Pierre Bastien est un classique.

A. D.

[2] Panache de celui qui chante sur le bûcher pour couvrir les bruits du feu qui crépite à ses pieds. Apprenez une chanson, apprenez au moins un chant à vos enfants. Cela pourrait être utile. La culture est utile. Jusqu’au moment de l’autodafé.


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