en route avec les Sahraouis
vendredi 25 janvier 2013
par NA Franck

Contexte historique à un Reportage Sahara Occidental

Il existe une zone au monde, une seule, où la France refuse d’enquêter sur le respect des droits de l’Homme malgré les alertes des associations dénonçant les actes de torture, les meurtres et les disparitions ; une seule zone au monde où la France pose son droit de Veto quand à l’autodétermination d’un peuple, contre l’avis des autres pays membre de l’ONU ; une zone où la France possède les clés de la résolution d’un conflit en léthargie. Cette zone, c’est la Sahara Occidental, au sud du Maroc.

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Depuis le départ de l’Espagne de ses ex colonies en 1975, un conflit oppose le Maroc au Front populaire de libération des sahraouis (le Polisario). Rabat propose l’autonomie au peuple sahraoui, considérant ce dernier comme étant rattaché au Royaume du Maroc ; quant au Polisario il réclame son autodétermination par voie référendaire. Séparé par un mur de 2720 km construit par le Maroc en 1987, le territoire est aujourd’hui divisé, contrôlé à 80% par Rabat (à l’ouest). Le Polisario contrôle 20% à l’est du mur ainsi qu’un camp de 90 000 réfugiés accueilli en Algérie, à Tindouf, dans lequel s’est exilée la République arabe sahraouie démocratique (la RASD) fondée dès 1976. Si la résolution du conflit incombe à l’ONU –présente sur le terrain depuis 1991 avec la MINURSO (Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental) - la clé de sa résolution est entre les mains de la France. Mais les intérêts de celle-ci au Maroc sont multiples et la pousse à soutenir la position du Royaume, jusqu’à aujourd’hui. Du 26 au 30 mars 2013 le Forum Social Mondial se déroulera à Tunis. C’est le rendez vous bi annuel de la société civile internationale et de la convergence des luttes. Une délégation sahraouie au départ des camps de réfugiés de Tindouf s’y rendra en bus afin de faire connaître leur revendication et trouver des alliances possibles. Un autre événement à portée internationale se déroulera à Tindouf le 27 février 2013 : le 12e marathon du Sahara occidental, où se retrouveront des sportifs en provenance d’une vingtaine de pays, avec comme premier objectif de briser le blocus médiatique. Une délégation française y sera. Nous désirons parcourir aux côtés des sahraouis le chemin du quotidien de leur vie jusqu’à l’exceptionnel de la lutte transnationale, incarnée par le marathon et le FSM. Nous désirons ainsi comprendre la démarche de ce peuple, et comprendre quelle est la place de leur lutte dans le bouillonnement de la convergence des luttes. Nous désirons aussi comprendre dans quelle mesure la lutte des sahraouis a des enjeux internationaux dépassant largement le cadre local qui questionnent la position des pays du monde entier, et de la France tout particulièrement. Pour cela nous partirons en bateau en février direction l’Algérie pour rejoindre Tindouf et le marathon. Nous resterons dans le camp et dans les territoires libérés, à l’est du mur, jusque mi mars, date à laquelle la délégation sahraouie partira pour le FSM, direction Tunis, en bus. Une fois à Tunis, nous assisterons au FSM où les revendications sahraouies rejoindront le flot des luttes du monde, pour prendre chair dans le slogan « un autre monde est possible ». En amont en France nous nous entretiendront avec Jean Ziegler, vice président du comité des droits de l’Homme aux Nations unies, ainsi qu’avec Omar Mansour, représentant en France du Front Polisario, et Gustave Massiah, membre du Conseil internationale du Forum social mondial.

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ANNEXES Le Sahara Occidental : description Territoire non autonome de 266 000 km2 au sud du Maroc, il est coupé tout le long par un mur de 2720km –mur de sécurité selon Rabat, mur de la honte selon le Polisario. Depuis le départ des espagnols en 1975 le territoire n’a toujours pas de statut définitif sur le plan juridique. L’ouest du territoire (80% du territoire total) est sous contrôle marocain. L’est est sous le contrôle du Front Polisario sahraoui qui regroupe 30 000 personnes. Le Polisario contrôle aussi le camp de Tindouf en Algérie qui accueille 90 000 réfugiés sahraouis.

La République arabe sahraouie démocratique (RASD) Etat autoproclamé en 1976 par le Front Polisario qui revendique la souveraineté sahraouie sur le territoire du Sahara occidental. La capitale proclamée est Lâyyoun mais elle se trouve dans la zone sous contrôle marocain. Bir Lehlou est alors devenue la capital temporaire. La RASD est en exil à Tindouf. Son président est Mohamed Abdelaziz depuis 1976. Elle est membre de L’Union Africaine depuis 1982 (ce qui a provoqué le départ du Maroc de l’Union) mais elle n’est pas reconnue par l’ONU.

Les enjeux locaux En toile de fond figure la question des relations entre le Maroc et l’Algérie, avec le projet actuellement en panne d’Union du Maghreb arabe (UMA), ainsi que les questions relatives à la sécurité au Sahel.

Les enjeux internationaux Les conséquences sont aussi géopolitiques à l’international, et en Europe. L’Algérie (pro sahraouie) menace l’UE de ne plus la fournir en gaz ; l’UE, après avoir stoppé la prorogation de l’accord de pêche existant depuis 1986 avec le Maroc (qui exploite les ressources halieutiques et de phosphate au Sahara Occidental) s’apprête à discuter à nouveau de l’accord courant du mois de novembre ; le Maroc représente pour les Etats Unis leur entrée dans cette région du monde.

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L’ONU A la suite d´un accord auquel sont parvenus le gouvernement du Maroc et le Front POLISARIO, la MINURSO a été établie et déployée en septembre 1991 afin de surveiller le cessez-le-feu et d´organiser un référendum qui permettrait aux habitants du Sahara occidental, habilités à voter, de décider du statut futur de ce territoire. Le plan de règlement, tel qu’approuvé par le Conseil de sécurité, a prévu une période transitoire pour la préparation d’un référendum à l’occasion duquel le peuple du Sahara occidental choisirait entre l’indépendance et l’intégration au Maroc. Depuis, la situation est au statut quo et la Mission de l’ONU paraît impuissante à régler le conflit.

La position de la France La position de la France est un enjeu capital dans le conflit : si la résolution du conflit incombe à l’ONU, la clé de sa résolution est entre les mains de la France. Son rôle historique et sa position actuelle la différencient des autres pays de l’ONU. Pour la France, le Sahara Occidental fait partie intégrante du Maroc : depuis 1975, les gouvernements qui se sont succédé n’ont jamais caché leur opposition à un Etat sahraoui qui serait indépendant sous l’influence de l’Algérie. De plus, l’émergence d’un Etat sahraoui indépendant est perçue comme un facteur de déstabilisation du Royaume chérifien, au sein duquel la France a d’énormes intérêts, politiques, économiques, militaires et culturels. Avec près de 70 % du total des investissements étrangers directs au Maroc, la France en est le premier partenaire commercial et le principal investisseur (en concurrence avec l’Espagne). En 2003 le Plan Backer II propose la solution de l’autonomie pendant 5 ans suivie d’un référendum, rejeté par le Maroc avec le soutien de la France (qui pose son droit de véto). En 2007 la proposition du Maroc pour l’autonomie est soutenue par France, les Etats Unis et l’Espagne. Depuis, le Maroc affirme qu’il ne négociera rien de plus que sa propre proposition, en mettant en avant le soutien de la France et des Etats Unis dans sa démarche. De plus, contre l’avis des autres pays membres de l’ONU, la France a toujours refusé l’ajout du volet « surveillance des droits de l’homme » à la mission onusienne sur place depuis 20 ans. C’est la seule région au monde où la France s’y oppose. De même, suite aux violences de novembre 2010 au Sahara occidental, la France avait refusé l’envoi d’une mission d’enquête, contre l’avis des autres pays à l’ONU. Quand au gouvernement nouvellement arrivé à l’Elysée, il est divisé : en mars 2011 Jean Marc Ayrault, alors président du groupe socialiste, déclare : « Les socialistes dans leurs déclarations publiques s’en tiennent depuis l’occupation du territoire par le Maroc à une position privilégiant le respect du droit international et du droit à l’autodétermination des peuples colonisés » (référence à la déclaration publique de 1991). Tandis que Martine Aubry en mars 2012 déclarait : « la position du Parti socialiste a toujours été de soutenir la proposition d’une autonomie renforcée (…) ». Conclusion des discussions : le 18 mai dernier, soit deux jours après l’entrée en fonction de Laurent Fabius comme nouveau ministre des affaires étrangères, le porte-parole du Quai d’Orsay déclarait que : « La France réitère son appui au plan d’autonomie marocain, qui est la seule proposition réaliste aujourd’hui sur la table des négociations et qui constitue la base sérieuse et crédible d’une solution dans le cadre des Nations unies »

notes pour reportages sur la question sahraouie aujourd’hui.

Flore Vienot et Franck NA

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http://www.darksite.ch/alachaine/spip/spip.php ?article262 Les Femmes Sahraouies.

http://www.darksite.ch/alachaine/spip/spip.php ?article261 En route avec les Sahraouis

http://www.darksite.ch/alachaine/spip/spip.php ?article264 Sur la question Sahraouie en 2013

Fiction de l’enfant-sauvage en devenir rendez-vous au Fond VERT en devenir

Trois parlementaires et activistes Sahraouis à Genève : clic sur http://www.darksite.ch/alachaine/spip/spip.php ?article225

http://www.darksite.ch/alachaine/spip/spip.php ?article268 disparitions, In english.

http://www.darksite.ch/alachaine/spip/spip.php ?article267 Procès du démantèlement sanglant du camp de Gdim Izik