Baby Plage, études de jeux d’enfants
jeudi 31 mai 2012
par NA Franck

Trois exemples d’attitudes face aux risques

video d’études en plein air sur des jeux d’enfants artisanaux, à base de chambres à air de vélo, conçus par Jean-Georges.

Esthétique sécuritaire Dans un environnement où tout est prévu, l’individu se déresponsabilise. Un enfant dans un univers douillet, dans lequel on lui certifie qu’il n’y a pas de danger, laisse en sommeil sa vigilance. Il s’habitue à un cocon ultraprotégé, et ne comprend plus quand le danger survient. Alors que dans des jeux qui ne sont pas normés, des jeux qui ne sont pas estampillés sans danger, des jeux qui disposent d’une part d’imprévus et donc de risques, l’enfant qui le sait apprend à sentir et percevoir,là d’où le danger peut subvenir. L’apprentissage d’éprouver les matériaux, observer, estimer les conditions, d’anticiper sur des possibles, de se confronter aux lois de la nature, de muter devient une méthode personnelle.

Le modèle de la culture américaine où tout peut se solder, par une action juridique ou vénale, s’est infiltré dans la culture européenne dans les années 1990. Les responsabilités sont définies et réparties. Et le fait de désigner un responsable bien identifié, provoque la tendance de dégager les autres individus de se sentir concernés. La société crée des illusions de sécurité en nommant un responsable pour tout ce qui pourrait arriver. Des groupes sont sous la responsabilité d’une personne ( dans un bateau par exemple) Les non-responsables sont devenus irresponsables. (La charge des maires de petite ville est devenue énorme, quand ils sont devenus officiellement responsable du moindre boulon d’un panier de basket posé dans l’espace public de leur commune.)

Trois attitudes face aux risques IMG/flv/babyplage.flv
Enfants Babyplage Genève Association SHEETA
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Une population de Ponce Pilate. Autant de petits royaumes que de cellules dans une ruche. Je pollue mais je ne suis pas le seul. It is my job. Sous ma protection intégrale. J’empoisonne ; et je respecte la sécurité routière. C’est ma seule morale et désobéir c’est vraiment trop critique, pour moi. Responsable mais pas coupable. Mes fonctions ne voient pas les conséquences de mes actes. Un code morale sans esprit critique. Une confiance aveugle dans un ordre qui regroupent les individus et les troupeaux d’individus. Une science sans éthique. Un foyer sans fumée.

Une autre conséquence du tout-sécuritaire réside dans l’affadissement des enthousiasmes. Dans l’entreprise comme dans la création artistique, prendre des risques n’a plus le vent en poupe. Il serait sage d’être sage. Comme si les conséquences d’un échec étaient plus graves que pour un habitant du 19 ou 20° siècle qui pouvait faire plusieurs fois faillite et se renflouer. Une troupe de théâtre, Raoul Collectif, dénonce cette frilosité face à la vie en disant : "Aujourd’hui, nous avons peur de tout. Personne n’ose tenter l’aventure...Il ne faut pas avoir peur d’en arriver à un point de rupture...".

En agitant les peurs (de l’autre, de la contamination, des mouvements sociaux, de la météo, de l’invasion, de ...,) , les marchands de systèmes de sécurité et de contrôles se remplissent les poches ou obtiennent des voix aux urnes. La sécurité est la valeur suprême autant dans un programme d’architecture que dans une initiative pédagogique, dans une innovation pharmaceutique que dans les programmes politiques. Comme si la coquille de l’oeuf devait être blindée.

Il est d’ailleurs intéressant de savoir que le mot "sécurité" est un mot récent, très rare jusqu’au 17° siècle et que le mot SECURISANT n’est apparu qu’au 20* siècle. Comme si le monde était moins sûr qu’au Moyen-Age par exemple. La sécurité serait-elle devenue une priorité depuis que l’homme a conscience de son pouvoir d’autodestruction ? Quelle serait la séreinité de demain ? Alias VOST Genève, Mars 2014

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GuteNacht, lang mortlen
installation Villa Dutoit Genève. NA

Hors-série de Destination CHECKS POINT

Video Franck NA 2006 je crois.