les conventions de Genève
dimanche 13 juin 2010
par NA Franck

Trois témoignages sur l’usage et la connaissance des Conventions de Genève de la part de personnes confrontées à la violence et à la guerre A l’occasion de l’anniversaire des Conventions de Genève, il semblait judicieux d’apporter des témoignages de personnes qui souhaiteraient les voir appliquer dans la situation particulière : Kurde, Iraniens d’Irak, femme congolaise , chacun exprime leurs souhaits de faire respecter et appliquer les Droits Humains. En fin de témoignages, se trouve l’intégralité du texte des Conventions de Genève.

1 Des réfugiés menacés dans le camp d’Ashraf

Achraf, un bastion contre l’intégrisme des mullahs

La cité d’Achraf se situe au nord de la ville irakienne d’Al-Khalis, à environ 100 au nord de la capitale irakienne, quelques 70 km est de la frontière avec l’Iran. Achraf a été fondée en 1986, après que l’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran (OMPI) a transféré son quartier-général de la France en Irak.

réfugiés menacés en Irak IMG/flv/ConvGeneveMoujhadiIrank.flv

Abandonnés par les militaires états-uniens avec qui pourtant ils avaient un accord, les réfugiés sont devenus la cible des militaires du gouvernement d’Irak, car ils représentent l’opposition iranienne. Un massacre n’est pas à écarté. Manifestation 26 juin 2010 à Paris

2Toutes accointances avec la Turquie risquent de cautionner des actes contraires aux Conventions de Genève commis par ce pays dans sa répression violente contre les minorités. Sommes nous encore en Europe ?

2 KURDE 06.2010

UNE AUTONOMIE POUR LES KURDES DE LA TURQUIE Turquie : une autonomie pour les Kurdes ?

Comme chaque printemps en Turquie, les affrontements entre les guérilleros du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) et l’armée turque ont repris. Débutée en 1984, le bilan de la guerre est coûteux (45 000 victimes et un coût de 100 millions de dollars). La capture du chef du PKK, Abdullah Öcalan, en février 1999 a décapité le parti, mais celui-ci a trouvé un nouveau vivier de combattants dans une génération de jeunes Kurdes heurtés par l’absence d’investissements à l’est du pays et par les brimades dont sont l’objet les formations politiques kurdes. Leurs candidats sont élus lors des différents scrutins, mais ils sont automatiquement soupçonnés d’accointances avec le PKK et d’arrière-pensée séparatiste.

Kurde IMG/flv/convgenevkurde.flv
un minute 20

06.01.2010

DES MILITANTS DE GAUCHE LYNCHES PAR LES LOUPS GRIS Lynchages en série contre les militants de gauche en Turquie

Le 16 décembre dernier, trois étudiants de gauche de l’Association de la jeunesse (Gençlik Dernegi) menant campagne pour la fermeture de la base américaine d’Incirlik (sud de la Turquie) ont été arrêtés à Edirne en Thrace (nord-ouest de la Turquie ) pour « propagande en faveur du DHKP-C ». Le 27 décembre, un groupe de 15 étudiants andrinopolitains et la mère d’un des trois étudiants arrêtés, ont été lynchés par près d’un millier de personnes alors que la poignée de manifestants collectait paisiblement des signatures pour la libération des trois étudiants.

Cette fois encore, les agresseurs avaient été mobilisés et encadrés par des policiers et des agents en civil, ce que confirment les témoins oculaires et les nombreux documents vidéo. Pendant leurs séances de ratonnades anticommunistes, les lyncheurs ont hurlé des slogans anti-kurdes et anti-PKK tels que : « A Edirne, il n’y a pas de place aux traîtres » et « A bas le PKK » alors que ni ces étudiants, ni leur campagne anti-impérialiste n’avaient de rapport avec la cause nationale kurde.

Et une fois de plus, les lyncheurs ont pu rentrer chez eux sans être inquiétés par les autorités tandis que deux des victimes ont été incarcérées en vertu du mot magique de « propagande en faveur du DHKP-C ».

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bilan Iran Turquie

 Après avoir été arrêtés et subi une garde à vue de 4 jours, 6 politiciens kurdes ont été a mis en examen et incarcérés par la justice française les 4 et 5 juin 2009.

Nous condamnons ces opérations juridico-policières et considérons qu’elles visent des objectifs purement politiques : préserver les relations politiques et économiques avec la Turquie. Alors que l’Etat français prône une opposition sans condition à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, comment expliquer cette approche vis à vis des Kurdes de France ?

Nous condamnons fermement les arrestations des militants politiques kurdes et exigeons la cessation des pressions à l’encontre des associations et des militants kurdes.

http://www.fekar.ch/fr

programme de la commémoration des 60 ans des Conventions de Genève : sur le site de la ville de genève : http://www.ville-ge.ch/fr/media/comm/com_0110.htm#avr2

témoignages sur l’usage et la connaissance des Conventions de Genève de la part de personnes confrontées à la violence et à la guerre

Guerre et violences faites aux femmes IMG/flv/convdegeneve.flv

 [1]

[1] [[[[Convention (IV) de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, 12 août 1949. Texte intégral

Les soussignés, Plénipotentiaires des Gouvernements représentés à la Conférence diplomatique qui s’est réunie à Genève du 21 avril au 12 août 1949, en vue d’élaborer une convention pour la protection des personnes civiles en temps de guerre, sont convenus de ce qui suit :

TITRE PREMIER. DISPOSITIONS GENERALES

Article PREMIER. - Les Hautes Parties contractantes s’engagent à respecter et à faire respecter la présente Convention en toutes circonstances.

Article 2. - En dehors des dispositions qui doivent entrer en vigueur dès le temps de paix, la présente Convention s’appliquera en cas de guerre déclarée ou de tout autre conflit armé surgissant entre deux ou plusieurs des Hautes Parties contractantes, même si l’état de guerre n’est pas reconnu par l’une d’elles.

La Convention s’appliquera également dans tous les cas d’occupation de tout ou partie du territoire d’une Haute Partie contractante, même si cette occupation ne rencontre aucune résistance militaire.

Si l’une des Puissances en conflit n’est pas partie à la présente Convention, les Puissances parties à celle-ci resteront néanmoins liées par elle dans leurs rapports réciproques. Elles seront liées en outre par la Convention envers ladite Puissance, si celle-ci en accepte et en applique les dispositions.

Article 3. - En cas de conflit armé ne présentant pas un caractère international et surgissant sur le territoire de l’une des Hautes Parties contractantes, chacune des Parties au conflit sera tenu d’appliquer au moins les dispositions suivantes :

1) Les personnes qui ne participent pas directement aux hostilités, y compris les membres de forces armées qui ont déposé les armes et les personnes qui ont été mises hors de combat par maladie, blessure, détention, ou pour toute autre cause, seront, en toutes circonstances, traitées avec humanité, sans aucune distinction de caractère défavorable basée sur la race, la couleur, la religion ou la croyance, le sexe, la naissance ou la fortune, ou tout autre critère analogue.

A cet effet, sont et demeurent prohibés, en tout temps et en tout lieu, à l’égard des personnes mentionnées ci-dessus :

a) les atteintes portées à la vie et à l’intégrité corporelle, notamment le meurtre sous toutes ses formes, les mutilations, les traitements cruels, tortures et supplices ;

b) les prises d’otages ;

c) les atteintes à la dignité des personnes, notamment les traitements humiliants et dégradants ;

d) les condamnations prononcées et les exécutions effectuées sans un jugement préalable, rendu par un tribunal régulièrement constitué, assorti des garanties judiciaires reconnues comme indispensables par les peuples civilisés.

2) Les blessés et les malades seront recueillis et soignés.

Un organisme humanitaire impartial, tel que le Comité international de la Croix-Rouge, pourra offrir ses services aux Parties au conflit.

Les Parties au conflit s’efforceront, d’autre part, de mettre en vigueur par voie d’accords spéciaux tout ou partie des autres dispositions de la présente Convention.

L’application des dispositions qui précèdent n’aura pas d’effet sur le statut juridique des Parties au conflit.

Article 4. - Sont protégées par la Convention les personnes qui, à un moment quelconque et de quelque manière que ce soit, se trouvent, en cas de conflit ou d’occupation, au pouvoir d’une Partie au conflit ou d’une Puissance occupante dont elles ne sont pas ressortissantes.

Les ressortissants d’un Etat qui n’est pas lié par la Convention ne sont pas protégés par elle. Les ressortissants d’un Etat neutre se trouvant sur le territoire d’un Etat belligérant et les ressortissants d’un Etat co-belligérant ne seront pas considérés comme des personnes protégées aussi longtemps que l’Etat dont ils sont ressortissants aura une représentation diplomatique normale auprès de l’Etat au pouvoir duquel ils se trouvent. ...

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... Article 128. - En cas de transfert, les internés seront avisés officiellement de leur départ et de leur nouvelle adresse postale ; cet avis leur sera donné assez tôt pour qu’ils puissent préparer leurs bagages et avertir leur famille.

Ils seront autorisés à emporter leurs effets personnels, leur correspondance et les colis arrivés à leur adresse ; le poids de ces bagages pourra être réduit si les circonstances du transfert l’exigent, mais en aucun cas à moins de vingt-cinq kilos par interné.

La correspondance et les colis adressés à leur ancien lieu d’internement leur seront transmis sans délai.

....Le commandant du lieu d’internement prendra, d’entente avec le Comité d’internés, les mesures nécessaires pour effectuer le transfert des biens collectifs des internés et des bagages que les internés ne pourraient emporter avec eux, en raison d’une limitation prise en vertu du deuxième alinéa du présent article.

CHAPITRE XI. DECES

Article 129. - Les internés pourront remettre leurs testaments aux autorités responsables qui en assureront la garde. En cas de décès des internés, ces testaments seront transmis promptement aux personnes désignées par les internés.

Le décès de chaque interné sera constaté par un médecin, et un certificat exposant les causes du décès et les conditions dans lesquelles il s’est produit sera établi.

Un acte de décès officiel, dûment enregistré, sera établi conformément aux prescriptions en vigueur sur le territoire où est situé le lieu d’internement et une copie certifiée conforme en sera adressée rapidement à la Puissance protectrice ainsi qu’à l’Agence centrale prévue à l’article 140.

Article 130. - Les autorités détentrices veilleront à ce que les internés décédés en captivité soient enterrés honorablement, si possible selon les rites de la religion à laquelle ils appartenaient, et que leurs tombes soient respectées, convenablement entretenues et marquées de façon à pouvoir toujours être retrouvées.

Les internés décédés seront enterrés individuellement, sauf le cas de force majeure qui imposerait une tombe collective. Les corps ne pourront être incinérés que pour d’impérieuses raisons d’hygiène ou en raison de la religion du décédé ou encore s’il en a exprimé le désir. En cas d’incinération, il en sera fait mention avec indication des motifs sur l’acte de décès des internés. Les cendres seront conservées avec soin par les autorités détentrices et seront remises aussi rapidement que possible aux proches parents, s’ils le demandent.

Dès que les circonstances le permettront et au plus tard à la fin des hostilités, la Puissance détentrice transmettra, par l’intermédiaire des Bureaux de renseignements prévus à l’article 136, aux Puissances dont les internés décédés dépendaient, des listes des tombes des internés décédés. Ces listes donneront tous détails nécessaires à l’identification des internés décédés et à la localisation exacte de ces tombes.

Article 131. - Tout décès ou toute blessure grave d’un interné causés ou suspects d’avoir été causés par une sentinelle, par un autre interné ou par toute autre personne, ainsi que tout décès dont la cause est inconnue seront suivis immédiatement d’une enquête officielle de la Puissance détentrice.

Une communication à ce sujet sera faite immédiatement à la Puissance protectrice. Les dépositions de tout témoin seront recueillies ; un rapport les contenant sera établi et communiqué à ladite Puissance.

Si l’enquête établit la culpabilité d’une ou de plusieurs personnes, la Puissance détentrice prendra toutes mesures pour la poursuite judiciaire du ou des responsables.

CHAPITRE XII. LIBERATION, RAPATRIEMENT ET HOSPITALISATION EN PAYS NEUTRE

Article 132. - Toute personne internée sera libérée par la Puissance détentrice, dès que les causes qui ont motivé son internement n’existeront plus.

En outre, les Parties au conflit s’efforceront de conclure, pendant la durée des hostilités, des accords en vue de la libération, du rapatriement, du retour au lieu de domicile ou de l’hospitalisation en pays neutre de certaines catégories d’internés, et notamment des enfants, des femmes enceintes et des mères avec nourrissons et enfants en bas âge, des blessés et malades ou des internés ayant subi une longue captivité.

Article 133. - L’internement cessera le plus rapidement possible après la fin des hostilités.

Tou.... (Désignation des plénipotentiaires)