PAROLES d’HABITANTS
lundi 15 juin 2009
par NA Franck

Film de 8 minutes tourné lors de la visite guidée le samedi 13 juin 2009.

Dans le cadre du processus participatif à propos du futur écoquartier Ouches-Concorde de Genève et le quartier limitrophe de la rue Henry -Golay de Vernier, le groupe de travail « Ecoquartier » propose une exposition extérieure de textes : "PAROLES d’HABITANTS". L’objectif : RELIER LES DEUX COMMUNES DU PERIMETRE … INVITER A VISITER L’EXPO … APPELER, RAPPELER, MOBILISER, RE-MOBILISER les habitants du quartier sur le renouvellement urbain en perspective.

Toutes les phrases sont des citations d’habitants-es extraites en majorité d’un videomaton réalisé par Franck NA lors de la fête du quartier LA Concorde. La réalisation des bannières a été confiée aux bénévoles du groupe de travail « Ecoquartier » et de Serge Boulaz, habitant du quartier.

Dix-huit textes courts choisis parmi les avis récoltés dans le quartier au moyen du premier bulletin de présentation de la démarche participative de l’étude d’image directrice et surtout les paroles du film "Notre quartier va changer », vidéomaton tourné le 23 août lors de la « Ville est à vous » à la Concorde et réalisé par Franck NA . voir http://www.darksite.ch/alachaine/spip/spip.php ?article63

Les lieux d’accrochage sont choisis dans le périmètre d’étude.

Paroles d habitants IMG/flv/paroldhabitantes.flv
18 citations

L’ exposition des 18 banderoles "PAROLES d’HABITANTS" sera accrochée sur les murs du quartier des Ouches lors de "SECONDE LECTURE", bourse du Livre et Parc à PAROLES, le samedi 22 août 2009.

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Texte de Michèle Künzler, habitante et membre du groupe de travail "écoquartier"

QUE LE TRAIN S’ARRÊTE ICI : c’est ce que peut lire le piéton, l’automobiliste ou le cycliste qui passe à Châtelaine, sur une immense banderole fi xée sur un immeuble dans le quartier de la Concorde. Cette revendication insolite fait partie d’une démarche artistique qui essaie de matérialiser la parole des habitants, dans le contexte de la transformation d’un quartier existant en éco-quartier. Ce sont en tout dix-huit banderoles, avec des mots simples et sans explications, qui ont été suspendues pour interpeller le passant. Les textes sont à comprendre au premier degré : « Que le train s’arrête ici » évoque l’arrêt souhaité et probable du RER à Châtelaine en 2019. Mais cette phrase a aussi une portée plus symbolique, puisqu’elle s’inscrit aussi dans un lieu où la plupart des habitants sont restés à quai. Ailleurs, au bord de l’avenue très passante, on peut lire LE CHANT DES OISEAUX ou BALCON AVEC VUE, qui expriment des souhaits somme toute assez banals, mais qui, dans ces lieux, prennent une dimension incongrue. En matière d’aménagement du territoire, les habitants et les artistes ont souvent été mis de côté. On ne parle que de densité, de PLQ, de LGZD, de LGL etc, autant de sigles qui veulent faire croire que l’aménagement du territoire et la construction seraient des choses trop sérieuses pour que les habitants s’en mêlent. On essaie de leur faire comprendre qu’il s’agit d’une affaire de spécialistes. De même, les artistes et les activités culturelles sont carrément oubliés, et cela depuis des dizaines d’années. Si jusque dans les années 70, il y avait parfois des fresques ou des éléments artistiques dans la construction, même dans des grands ensembles, comme le Lignon, qui compte à chaque entrée un bas-relief de Hans Erni. Rien de tel, à ma connaissance, ces dernières années, obnubilées par la norme, le règlement et le coût de construction. Il y a bien quelques grands projets d’institutions culturelles, mais il me semble qu’ils sont plus habités par l’envie d’un geste architectural que par le désir d’une activité artistique. Le temps est venu pour retrouver un souffl e nouveau dans la construction : retrouvons ensemble la dimension immatérielle, et réenchantons la ville ! Il me semble que le désir est là, le désir de bâtir, de construire la ville autrement. Partout fleurit la volonté de faire des éco quartiers. Or ce n’est pas seulement la dimension écologique qui compte dans ce nouveau type d’habitat. Pour les plus jeunes d’entre nous, quelles que soient leurs opinions politiques, la valeur environnementale tombe sous le sens ; mais c’est surtout la dimension participative, sociale et culturelle qui suscite l’imaginaire. Car qui rêve encore devant quelques barres d’immeubles bien alignés, à part, bien sûr, quelques promoteurs, ou quelques locataires en quête désespérée de logement mais qui rêvaient d’autre chose ? Cette « autre chose », ce sont les artistes et les habitants qui nous en disent l’importance : LA CREATIVITE A L’HONNEUR.