Sylvie Fleury s'entretient avec Denis Pernet pendant la durée de la performance
A l'occasion du Salon des Dames, Sylvie Fleury propose une performance qui allie le nail art et la politique. De fait, une manucure spécialisée appliquera à une figurante des «ongles sculptés» puis à l'aide de vernis, reproduira une évocation du drapeau revendiquant la cause tibétaine «Free Tibet». La performance durera le temps d'un vernissage, soit environ deux heures. Un gong sera frappé toutes les 13 minutes.
Alors que le Tibet fait l’objet de conflits non résolus depuis des années, bien que largement médiatisés, le Dalaï-Lama, sa figure de proue, est internationalement reconnu. Sylvie Fleury a déjà collaboré avec ce dernier en 2005. L’artiste, familière de la pensée bouddhiste, a proposé de photographier un objet appartenant au leader tibétain, réincarnation du bodhisattva de la compassion, à l'aide du procédé Kirlian. Ce procédé permet de capturer photographiquement les auras, c'est-à-dire l'effet corona, un phénomène électrique. En toute logique, le maître choisit de lui envoyer ses chaussures (
Dalai Lama’s shoes, 2005).
La performance
Easy spirit aura lieu en présence de l’artiste et du commissaire d'exposition et critique Denis Pernet.
Easy spirit prendra dans un deuxième temps la forme d'une édition coproduite par Eternal Tour et le Centre d'édition contemporaine, constituée d'un mode d'emploi et de photographies documentant l'action du 16 mai.
"Salon des Dames", une collaboration d'Eternal Tour et du Centre d'édition contemporaine
Les Salons des XVIIIe et XIXe siècles – lieux de rencontre privés – voyaient se réunir périodiquement des personnalités choisies, ceci sous le généreux patronage d'une dame ou d'un couple. Le Salon des Dames du Centre d'édition contemporaine réactive avec humour cette tradition, et les artistes, scientifiques et curatrices à l'origine de ces invitations se métamorphosent pour huit jours en autant d'hôtesses. Si ce projet s'inscrit dans les prolongements de l'«art à l’état gazeux» (Yves Michaud) – la pièce est en elle-même le produit des échanges, des moments passés ensemble, des interactions et des débats –, ces rencontres sont néanmoins toutes centrées autour d'un artefact : le clavecin de Tamar Halperin, puis les livres, cartes postales, films, et éditions produites dans le cadre du festival Eternal Tour. L'objet devient l'espace de rencontre, le lieu de la réflexion, le miroir sur lequel se croisent et se démultiplient les expertises. Ces soirées peuvent être vues ensemble ou séparément: elles forment conjointement un récit, une narration, mais existent aussi par elles-mêmes. Chaque discussion est suivie d'un repas dans une maison d'artiste avec l'équipe d'Eternal Tour aux fourneaux, ceci dans un souci d'hospitalité et de «comme à la maison». De fait, cette initiative est une manière de remettre au goût du jour un modèle de sociabilité plutôt informelle, souvent plus fécond en échanges intellectuels que pourrait l'être le contexte institutionnel.