Jacques Borel (Rollergirl) en conversation avec Thomas Boutoux
XZY réunit dix articles ainsi que la programmation du festival Eternal Tour 2009. Produit d'une entreprise collective, à la fois analytique et informatif, ce livre a été construit sur le mode de l'almanach, une forme éditoriale bien connue en Suisse romande. Entre culture historique et contemporaine, il pointe et juxtapose des schémas théoriques ou visuels pour aboutir à un jeu de renvois et de confrontations. Par ailleurs, l'héritage encyclopédique a donné lieu à un pastiche de la classification: d'une arborescence exhaustive des nombreux éléments du festival jusqu'à un alignement thématique caricatural: tourisme, nationalisme, orientalisme, racisme, esclavagisme, exotisme, fabulisme ou encore féminisme... Parmi les particularités de la publication: la reproduction inédite des quinze daguerréotypes d'esclaves commandés par Louis Agassiz à Joseph T. Zealy, quelques exemplaires des campagnes publicitaires de l'entreprise Suchard, ou encore un article sur Les Fables de La Fontaine peintes sur un célèbre clavecin conservé au Musée d'art et d'histoire de Neuchâtel.
"Salon des Dames", une collaboration d'Eternal Tour et du Centre d'édition contemporaine
Les Salons des XVIIIe et XIXe siècles – lieux de rencontre privés – voyaient se réunir périodiquement des personnalités choisies, ceci sous le généreux patronage d'une dame ou d'un couple. Le Salon des Dames du Centre d'édition contemporaine réactive avec humour cette tradition, et les artistes, scientifiques et curatrices à l'origine de ces invitations se métamorphosent pour huit jours en autant d'hôtesses. Si ce projet s'inscrit dans les prolongements de l'«art à l’état gazeux» (Yves Michaud) – la pièce est en elle-même le produit des échanges, des moments passés ensemble, des interactions et des débats –, ces rencontres sont néanmoins toutes centrées autour d'un artefact : le clavecin de Tamar Halperin, puis les livres, cartes postales, films, et éditions produites dans le cadre du festival Eternal Tour. L'objet devient l'espace de rencontre, le lieu de la réflexion, le miroir sur lequel se croisent et se démultiplient les expertises. Ces soirées peuvent être vues ensemble ou séparément: elles forment conjointement un récit, une narration, mais existent aussi par elles-mêmes. Chaque discussion est suivie d'un repas dans une maison d'artiste avec l'équipe d'Eternal Tour aux fourneaux, ceci dans un souci d'hospitalité et de «comme à la maison». De fait, cette initiative est une manière de remettre au goût du jour un modèle de sociabilité plutôt informelle, souvent plus fécond en échanges intellectuels que pourrait l'être le contexte institutionnel.