Des noms, des noms

by ED

J’aime trop la littérature pour vouloir opposer vainement des genres mais je supporte mal le ghetto où sont toujours enfermés les auteurs de SF qui pourtant ont plus écrit sur la véritable humanité en contant des exploits galactiques que n’a su le faire une certaine intelligencia dans ses introspections sophistiquées.La science-fiction, ce ne sont pas seulement des idées mais des formes avec notamment la nouvelle, où les auteurs ont souvent fait preuve d’une incroyable maestria et qui est au roman ce que le court-métrage est au film, la fois exercice de style et laboratoire de recherche (8).La science-fiction fait voler en éclat les cadres rigides, coule le roman dans de nouveaux moules, composant de véritables mosaïques de textes (9), tramant des motifs complexes et foisonnants (10), recomposant le monde la manière de tableaux surréalistes (11).
Elle peut nous régaler avec des histoires de quelques pages ou de véritables sagas s’étalant sur plusieurs volumes, nous faire vivre des drames ou partager des rires, de l’horreur ou de la poésie, parler de science froide et mécanique ou de ce qu’il y a de plus chaud et humain : le sexe car elle ne supporte ni contraintes, ni tabous.

Quelques oeuvres découvrir :

  • absurde - Kurt VONNEGUT, Le berceau du chat, 1963
  • drame - Robert SILVERBERG, L’oreille interne, 1971
  • géopolitique - Frank HERBERT, Dune, 1965
  • guerre - Joe Haldeman, La guerre éternelle, 1974
  • histoire - Clifford D. SIMAK, Demain les Chiens, 1952
  • horreur - Stephen KING, Les Tommyknockers, 1987
  • humour - Terry PRATCHETT, Le grand livre des gnomes, 1989-1990
  • poésie - Ray BRADBURY, Les Chroniques martiennes, 1951
  • polar - Isaac ASIMOV, Le Cycle des Robots, 1950-1964
  • politique - Orson Scott CARD, Le Cycle d’Ender (8 volumes), 1985-2006
  • saga - Anne McCaffrey, La saga de Pern (16 volumes), 1968-2003
  • sexe - Philip José FARMER, Comme une bête, 1968
  • science - Arthur C.CLARKE, 2001, Odyssée de l’Espace, 1968 - film de Stanley KUBRICK, 1968
  • thriller - A VAN VOGT, A la poursuite des Slans, 1946

(1) (clin d’oeil ) Fahrenheit 451, Ray BRADBURY, 1953
(2) Le Meilleur des Mondes, Aldous HUXLEY, 1932
(3) La ferme des animaux, George ORWELL, 1945
(4) Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, Philip K DICK, 1968, qui a donné le film Blade Runner, réalisé par Ridley SCOTT, 1982
(5) Buck Rogers, bande dessinée parue dans des fanzines tels qu’Amazing Stories entre 1928 et 1967
(6) Starship Troopers, 1997, film de Paul VERHOEVEN
(7) Star Trek, 1966, série télévisée créée par Gene RODDENBERRY
(8) Lune de miel en enfer, Fredric BROWN, 1958
(9) Tous Zanzibar, John BRUNNER, 1968
(10) Le seigneur des Anneaux, JRR TOLKIEN, 1954-1955
(11) Vermilion sands, JG BALLARD, 1971

6 Responses to 'Des noms, des noms'

  1. xalligator Says:

    Alors l je te suis 100% : ce ghetto est insuportable.

    Mais heureusement dans la culture américaine la SF a une place de choix (et heureusement sinon nous n’aurions pas tant de choix).
    Ca m’a longtemps énervé mais il faut bien reconnaitre qu’au niveau SF littérature la culture française (et belge) a longtemps stagné et s’était installé dans un conformisme aussi rigoureux que statiques ( quelques exceptions près).

    Comme tu le dis c’est l’absence/evolution des formes qui a libéré la Sf mais je ne suis pas trop d’accord avec ton amalgame : la SF serait un “prelude/exercice” la littérature ???
    Arghh c’est comme dire que la BD est une forme “basse” de la peinture et le jazz de la musique classique et la tv du cinema etc. Je préfere mettre toutes les catégories sur un pied d’égalité en prétendant qu’il s’agit d’évolutions paralleles ou un truc du genre

    Une petite question supplémentaire : par rapport la liste proposées (dont je connais et adore certains et ne connait pas -encore- d’autres)Est-ce plutot un reflet de tes préférés ou de ceux que tu conseilles disons des lecteurs de Sf “neophytes”

  2. ED Says:

    Ah ! Que le court-métrage a du mal se faire reconnaître comme un art part entière ! Plus encore que la SF ! J’espère dans un prochain article te (vous) faire découvrir sa richesse.

    Mon parallèle avait pour but de marquer leur appartenance des courants créatifs très forts quoi que méconnus du “grand public”. Je reviendrai plus tard et plus en profondeur sur ce qui fait, mon sens, la qualité d’une oeuvre… et qui n’a rien voir avec sa longueur (comme l’amalgame est souvent fait).

    Ta réaction montre quel énorme travail il y a faire pour sortir le court-métrage de son anonymat et de son ghetto, en dépit des festivals qui lui sont consacrés.

    Pour info, le 28e Festival International du Court-Métrage de Clermont-Ferrand aura lieu du 27 janvier au 4 février 2006 avec quelque chose comme 200 films courts en compétition.

    Ma liste d’ouvrages n’est qu’une illustration de la variété des genres abordés en SF. La plupart sont des ouvrages de référence mais tous ne sont pas conseiller des néophytes. Il y en a 2 que je n’ai pas lus par manque d’intérêt pour le genre qu’ils représentent. Comme quoi on peut aimer la SF et ne pas être inconditionnelle.

  3. adafairy Says:

    Je suis venue assez tard la littérature SF, c’est d’ailleurs votre faute toutes les deux, Ed et Xal, si je m’y suis mise - votre faute parce que maintenant je me retrouve avec encore plus de livres lire et donc moins pour faire d’autres choses comme … je ne sais pas moi … écrire pour des articles pour un certain blog :-) (très mauvaise excuse bien sûr).
    Bref, je disais donc: je suis venue assez tard la littérature SF, me contentant d’apprécier les films et les séries télé du genre. Je dois cependant bien honteusement (?) préciser que je ne me suis jamais intéressée la SF pour ce qui semble être vos raisons, y voyant ( l’époque je précise quand même) simplement un genre qui m’apportait un plaisir intense dans la diversité de ces histoires et un côté aventure particulièrement fantastique.

    Et juste un petit mot sur les nouvelles et les courts-métrages: il s’agit de 2 formes d’expressions artistiques que je connais bien et apprécient fortement, tout bêtement.

  4. xalligator Says:

    J’avoue que j’adore aussi les nouvelles, toujours plus “pures” que les romans et tellement souvent intense.

    Et c’est vrai que je n’y connais rien en court métrage mais ne t’y trompes pas je ne mésestime pas et je ne critique pas - puisque je ne connais pas lol (et d’ailleurs je n’en parle même pas dans ma remarque, je suis donc surprise par ton commentaire)

    Cela dit j’attends avec impatience ton article sur “les courants créatifs” ainsi que celui d’Ada (Sorry comme tu le dis toi-même c’est une très mauvaise excuse, je vais quand même pas te contredire)
    Et j’espère que tu pourras m’aiguiller sur un endroit où on peut en voir (l’Auvergne c’est un peu loin)

  5. adafairy Says:

    Xal, propos des courts-métrages, je sais qu’il existe (existait?) différents festivals Bruxelles, dont 1 au cinéma Vendôme, mais je ne me souviens plus des dates, désolée ( toi de chercher - et comme tu fais ça très bien ça ira comme sur des roulettes :-) ).

  6. ED Says:

    Désolée, xal, j’avais mal compris le sens de ton intervention… et tu sais comme je suis spécialiste en raccourcis vertigineux :)

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