En avant la musique

by ED

En ce moment, j’écoute de la musique de films. Drôle d’idée s’étonneront les uns, bonne idée diront les autres, quelle idée penseront ceux pour qui cela se réduit des compilations hétéroclites de morceaux divers et de chansons.

on connait.jpgOn connait la chanson (1) illustre d’ailleurs bien mon propos. Même s’il s’agit l du pire exemple dans la mesure où aucune musique n’a été composée spécifiquement, ceux qui ont vu le film se rappellent comment les chansons ont été utilisées pour illustrer les situations, renforcer les sentiments, ajouter l’ambiance. On se souvient en même temps de la chanson et de la scène du film dans laquelle elle est utilisée. Echange de bons procédés.
broken.jpgLe but même de la musique de film n’est pas du tout de masquer les vides, aider le spectateur comprendre un propos confus ou au contraire renforcer un message déj top appuyé. Dans Broken Flowers (2), par exemple, la musique choisie par le voisin et complice du héros plonge ce dernier dans l’ambiance de la quête, elle rythme et souligne son voyage la fois physique et intérieur. Le spectateur entame le voyage avec lui. Chaque nouvelle piste démarre sur cette musique qui invite la découverte sur son rythme exotique et un rien lancinant.Même si elle est loin d’être intégrée au film comme certains amateurs (et compositeurs) aimeraient, même si l’image reste prépondérante, le travail des compositeurs et le rôle de composition se sont considérablement accrus. Même s’il est rare que les compositeurs fassent réellement équipe avec le réalisateur pour produire une oeuvre, des synergies peuvent voir le jour.

goldenthal.jpgLe non-initié méconnait ou ignore le travail demandé au compositeur dont la musique doit coller aux images sans trop s’imposer, faire oeuvre novatrice sans choquer,… Le compositeur doit savoir et pouvoir s’adapater des styles de films aussi différents que Missing, Titanic, Willow ou Star Trek (James Horner), un western, un film d’action, un policier ou un space-opéra (3). La musique doit permettre la fois l’identification immédiate d’un film (Alien 3, Elliot Goldenthal) tout en restant dans l’esprit des précédents d’une même saga (Alien, James Horner - Aliens, Jerry Goldsmith) travers notamment la reprises de motifs attachés des personnages.

Si la musique de film apparaît moins cohérente qu’un opéra ou une symphonie, c’est parce que les climats peuvent être très différents d’une séquence l’aute, d’une minute l’autre. C’est d’ailleurs ce qui rend l’écoute seule parfois si déroutante. De l en déduire que c’est ce qui amène certains éditeurs réorganiser les pistes non pas en suivant le déroulement du film mais en essayant de former un ensemble plus cohérent et équilibré écouter…

nyman.jpgSans aller jusqu’ crééer une oeuvre réellement conjointe, quelques réalisateurs ont tissé des liens forts avec des compositeurs, tels Peter Greenaway avec Mickaël Nyman (4) ou Atom Egoyan avec Mychael Danna (5). Des compositeurs comme Mickaël Nyman apposent une marque très particulière et facilement reconnaissable sur les films auxquels ils participent, d’autres au contraire collent au style et l’ambiance du film tout en apportant leur sensibilité, leur culture, tels Mychael Danna. Il n’existe aucune généralité quand au type de collaboration attendu ou aux méthodes de travail des uns et des autres. Chaque collaboration est différente et soigneusement pensée et conduite comme nous le prouvent la rupture de certains contrats (6).hisayashi.jpgIl est noter pour terminer que si certains compositeurs se sont principalement dédiés la musique de films (Jerry Goldsmith) et que certains noms sont associés l’animation japonaise (7), la télévision (8) ou la publicité (9) d’autres compositeurs se sont construit une notoriété grâce leurs oeuvres “classiques” : Philip Glass (10), Michael Kamen (11) ou Elliot Goldenthal (12).

En tant que néophyte, je suis bien incapable d’approfondir réellement le sujet mais pour suivre (quoi que très sporadiquement) les dossiers et le forum de Traxzone, sité spécialisé en musiques de film, j’ai beaucoup appris sur ce qui ne constituait pour moi qu’un fond sonore plus ou moins adapté et agréable.

(1) Film d’Alain Resnais, 1997
(2) Film de Jim Jarmusch, 2004
(3) Dans l’ordre, Rio Lobo, Rambo, Basic Instinct, Star Trek, musiques composées par Jerry Goldsmith
(4) Meurtre dans un Jardin Anglais - Drowning by Numbers - Le Cuisinier, le Voleur sa Femme et son Amant - Prospero’s Books - … 11 oeuvres au total
(5) La Vérité Nue - Ararat - Exotica - Le Voyage De Felicia - De Beaux Lendemains - Speaking Parts
(6) Gabriel Yared remplacé par James Horner, Troie de Wolfgang Petersen - Howard Shore remplacé par James Newton Howard, King Kong de Peter Jackson
(7) Joe Hisaishi, pour ses participations aux réalisations d’Hayao Miyazaki
(8) Lalo Schifrin, qui l’on doit le générique de la série télévisée, Mission Impossible
(9) Danny Elfman, qui a composé des spots pour Nike et Nissan, est également connu en tant que co-fondateur du groupe rock californiern Oingo Boingo
(10) Einstein on the Beach, Satyagraha et Akhnaten : opéras formant une trilogie sur les grands hommes
(11) Concerto For Saxophone - On Wings Of Victory, pièce chorale symphonique pour les J.O. d'’Atlanta
(12) Fire Water Paper, oeuvre commémorative commandée par le Pacific Symphony Orchestra pour le 20ème anniversaire de la Guerre du Viêtnam - Shadow Play Scherzo, pour les 70 ans de Leonard Bernstein

4 Responses to 'En avant la musique'

  1. Jack Bauer Says:

    JE ne suis pas très expert en la matière, mais dans le registre des collaborations étroites entre un réalisateur et un compositeur, on peut citer Tim Burton et Danny Elfman. Leurs deux univers sont merveilleusement complémentaires.

  2. ED Says:

    Bien vu ! Collaboration absolument remarquable sur des films tels que :
    - Beetlejuice, 1988
    - Edward aux mains d’argent, 1990
    - Mars Attacks ! 1996
    - Sleepy Hollow, 1999
    - La planète des singes, 2001
    - et le tout récent : Charlie et la chocolaterie, 2005

    Ca se passe de commentaires.

  3. xalligator Says:

    Je dois avouer que je suis vraiment nulle en culture musicale, et bizarrement encore plus lorsqu’il s’agit de musiques de films. Ce qui n’est pas très logique puisque je consomme bcp de movies mais c’est pourtant le cas. J’ai par conséquent assez de difficultés � me souvenir (ou citer) des exemples que j’aime mais par contre je suis souvent choquée par le manque de coordination/correspondance entre l’image et la musique.

    S’il y a des compositeurs extraordinaires et des compositions bluffantes , il y a aussi un abus de musiques classiques mal employées et je me demande parfois si les réalisateurs coupables se rendent compte � quel point une musique mal adaptée peut être pire que le silence ?

  4. adafairy Says:

    Je ne suis pas non plus très calée en la matière, part connaître quelque grands noms de compositeurs (comme Nino Rota, Ennio Morricone, Jerry Goldsmith ou Michael Nyman) et des plus récents comme Danny Elfman et Thomas Newman, mais comme dit xalligator, je remarque plus souvent quand il y a quelque chose qui cloche avec la musique. Quand elle est trop présente, quand elle est trop ronflante - dans le sens “on sort les violons, parce qu’il faut faire pleurer le spectateur” - alors que la musique/le film qui m’a fait le plus pleurer récemment est “Wit”, film de Mike Nichols avec Emma Thomson, dont la musique a été composée par Arvo Pärt (pas composé pour le film je crois, mais bon), tout simplement génial! (je crois que cette musique a aussi été utilisé pour le film “La Chambre des Officiers” pour celles et ceux qui l’ont vu). Enfin bref, tout ça pour dire, que la musique de films quand ça colle l’image ou l’émotion véhiculé, ça peut être tout simplement fantastique.

    (pas le temps de me relire, donc désolée pour les fautes et autres incongruités)

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