Jazz en tête (1)

by ED

glenn miller.jpgC’est à Lyon, en écoutant FIL(2), que j’ai découvert le jazz, pas seulement le jazz hot popularisé par le cinéma mais un jazz plus cérébral, celui qui fait fuir les non-initiés. Pourtant ce n’est qu’en assistant à mon premier concert que le jazz m’a prise toute entière, tête et tripes comprises. Le jazz, c’est une musique qui se vit et que les musiciens partagent sans réticence ; concentrés ou exhubérants, ils nous livrent leur âme avec chaque note.

phil collins.jpgA la guitare, au saxo, au piano, le jazz a produit son lot de vedettes mais, pour moi, s’il y a un instrument que seul le jazz exploite à merveille, c’est la batterie. Curieusement, c’est à Genesis que je dois cette découverte. Genesis, sa musique pop, ses musiciens virtuoses. Phil Collins(3) à la batterie, ciselant les rythmes, nous faisant voyager dans une autre dimension.

Concert en plein air, concert de rue, concert au fond d’une petite salle enfumée où le public, soudain, participe : du joueur de djembé qui s’installe pour un bout de dialogue batterie-percu au danseur de claquettes qui rajoute ses martèlements élégants… le jazz donne et prend vie sous les stacatti du batteur.

jeff tain watts.jpgIl peut vous emmener n’importe où tout en vous scotchant au fond de votre fauteuil. Inutile de régler l’assise car il contrôle tout derrière ses fûts. D’un coup de baguettes magiques, il se signale à votre attention et ne vous lâche plus. Lui, c’est Jeff Tain Watts(4), vu et entendu en concert l’an dernier. On le voit bien à sa concentration décontractée : il ne fait plus qu’un avec son instrument. Il semble à peine bouger ; il reste placide mais enchaîne pourtant à une allure vertigineuse les rythmes et les notes ; les baguettes volent, les balais délayent les mélodies, la batte ajoute sa ponctuation. Les notes semblent surgir de nulle part et de partout à la fois. Quel moment de grâce !

pilote.jpgDans mon esprit envoûté, l’image de Pilote(5) s’impose, je le revois avec tous ses bras, pilotant ses troupes de DRD, peaufinant les réglages de Moya.

C’est un concert magique(6), le public l’a compris. Captivé par la batterie, transporté par les vagues de la guitare, rassuré par la contre-basse moëlleuse, à la fin de la performance, il lui faut du temps pour revenir sur terre. Et quand il atterrit, enfin, il ne fait toujours qu’un, lié par l’émotion et la passion, il se lève et applaudit d’un même coeur.

(1) Jazz en Tête est le nom du festival international de Clermont-Ferrand
(2) France Inter Lyon
(3) Pour qui ne le sait pas, Phil Collins est un batteur de formation jazz
(4) Jeff Tain Watts est un batteur jazz de réputation internationale
(5) Un des personnages principaux de la série Farscape
(6) Cet instant magique était distillé par Lionel Louéké, jeune guitariste béninois, Essiet Essiet, à la contrebasse et Jeff Tain Watts à la batterie, lors de l’édition 2004 du Festival “Jazz en Tête”

One Response to 'Jazz en tête (1)'

  1. MonaLisa OD Says:

    Merveilleux!
    Jamais je n’aurai imaginé qu’on puisse comparer Pilot un
    batteur de jazz! Et trouver ça vrai!
    J’y penserai au prochain concert ;-)

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