Voici venu le temps du Festival

by ED

Je vous ai balladés dans les bibliothèques et les musées, endroits un peu figés qui ne donnent pas toujours envie de goûter � la culture. Cette culture-là , elle existe et il ne faut pas la laisser s’empoussiérer sous prétexte qu’elle a été enfermée, étiquetée, cloisonnée par des esprits pleins de bonnes intentions mais qui, comme le calcaire, recouvrent tout d’une gangue protectrice qu’il est bien difficile ensuite de briser.

La culture est vivante, elle ne cesse d’évoluer et d’être alimentée par les créateurs de tous horizons. Pour s’en convaincre, il faut seulement choisir et fréquenter d’autres lieux plus grouillants de vie comme les festivals.

ArtOnCowsGeneve.jpgC’est en ces occasions qu’on prend le pouls de la culture vibrante. On ne trouve pas � proprement parler de festival des arts plastiques et les expositions en sont encore de bien pâles substituts même s’il existe des initiatives telles que Art on Cows, vaste parade de vaches qui depuis 1998 envahit tour à tour les rues des plus grandes métropoles (1)

Curieusement, les plus grands festivals mondiaux se déroulent hors capitales, revanches de la province profonde trop souvent méprisée des élites. Il en va ainsi du Festival du Court-Métrage qui se déroule chaque année à Clermont-Ferrand.

Je ne vais pas vous décrire l’effervescence qui règne alors en ville pendant cette dernière semaine de janvier mais à voir la foule bigarrée qui parcourt les rues, on sent bien qu’il se passe quelque chose d’inhabituel. Pensez donc : du monde dans les rues clermontoises en plein hiver ! Et ce n’est certes pas la neige qui les excite, si ce n’est la neige sur l’écran vide entre deux projections.

img_fest.jpgLe court-métrage est un art bouillonnant et riche et chaque année le Festival de Clermont-Ferrand, plus important festival au niveau mondial, nous en fait la brillante démonstration que ce soient la sélection française ou internationale, les films de la compétition “labo” ou les différentes rétrospectives et panoramas qui sont proposés à cette occasion. Sans entrer dans les statistiques (que je n’ai certes ni le temps, ni l’envie de collecter), je ne pense pas trop m’avancer en disant que tout pays a probablement eu l’occasion d’être représenté au moins une fois en 28 ans de festival.

J’aime tout particulièrement les programmes internationaux où s’enchaînent les cultures, les sensibilités, les accents. Un festival dans le festival. J’aime les créations concoctées au fond des labos et où l’on nous donne, par exemple, à voir et à entendre une extraordinaire symphonie pour imprimantes ou un fascinant ballet de coléoptères multicolores. J’aime la multiplicité des moyens d’expression : scènes jouées, prises sur le vif, effets spéciaux, animations diverses, expérimentations,… le court ne se prive d’aucun effet, d’aucun subterfuge pour faire mouche. Car dans ce domaine, il faut savoir être percutant pour exposer ses idées, attirer et retenir l’attention d’un spectateur exigeant et connaisseur.

twelve moons.jpgJe vous parlerai une autre fois de ces films courts qui m’ont envoûtée ou fait rire aux éclats, ceux de la semaine qui vient de s’écouler et ceux des années passées qui m’ont si fortement marquée que je m’en souviens encore avec émotion : Uten tittel, Mas quel mondo, Oh my god, Meine Eltern, Le Portefeuille, Copy shop, Star suburb, la banlieue des étoiles,…

yan garbarek.jpgVous allez dire que j’exagère mais… c’est un court-métrage norvégien qui m’a fait découvrir le fabuleux saxophone de Yan Garbarek, musicien jazz.

(1) Paris accueillera enfin cette fameuse manifestation, rebaptisée Vach’Art, d’avril à juin 2006

3 Responses to 'Voici venu le temps du Festival'

  1. Jack Bauer Says:

    “Oh my god” ! Coïncidence : j’ai vu ce court l’autre jour sur Canal. C’est bien ce film furieux où les catastrophes s’enchaînent vitesse grand V tout en laissant croire que le pauvre type qui tient lieu de héros en est responsable ?!! Absolument brillant et hilarant !

  2. ED Says:

    “Oh my god” a reçu le Prix Canal+ en 2005 - Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de le voir : histoire d’un mec ordinaire qui n’a pas regardé NY911, Rescue Me et autre série du genre. Du coup, le pauvre, en découvrant (entre autres) sa femme poignardée ne trouve rien de mieux faire qu’enlever le couteau plongé en plein coeur. Il aura beau essayer de le remettre… peine perdue. De même, il n’a pas compris que tout le monde ne s’appelle pas Mac Gyver et que, parfois, bourrer des plaies béantes de Sopalin ne suffit pas arrêter une hémorragie :D
    En plus, il peut même pas appeler les secours. Tenir en place le Sopalin d’une main et attraper le téléphone de l’autre est mission impossible. Un bijou d’humour noir avec, la clé, une salle écroûlée de rire.
    Toute une famille massacrée parce qu’on n’a pas été gentil avec son voisin, y’a de quoi faire réfléchir.

  3. adafairy Says:

    Jan Garbarek: j’adore ce musicien. J’aime particulièrement sa collaboration avec Keith Jarrett. Tout simplement fantastique.

    Court-métrage: il y en a vraiment qui sont fascinants, j’aime tout spécialement les courts d’animation (aaah les premiers essais du studio Pixar, quel délice!).
    Mais j’apprécie aussi les “live action”, ainsi, il y a quelques années j’ai vu un court flamand qui m’avait fait hurlé de rire. Il s’agissait d’une sorte de parodie des Films Noirs américains des années 40, avec le mari, la femme et l’amant qui n’arrêtaient pas de se tuer les uns et les autres, pour se relever 2 min. plus tard en disant “AHA!, en fait je ne suis pas mort car je savais que vous vouliez me tuer”. Excellent!

Leave a Comment

XHTML: You can use these tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <code> <em> <i> <strike> <strong>