interview


Moulinet

Moulinet est l'œuvre de deux Genevois multi-instrumentistes qui n'en sont pas à leur coup d'essai. Alex Jaques joue de la guitare, de la basse, des claviers, des percussions, il compose la musique et écrit les textes du groupe. De son côté, César Touza joue des mêmes instruments, la batterie en plus. Tous deux touchent également aux bidouillages électroniques et sonores. Leur premier album 'Théorie De La Ligne Droite' vient de sortir sur Urgence Disk Records. Musique répétitive et ambiance des plus particulières au programme…
C'est le premier album de Moulinet mais j'imagine, vu la maturité du disque, que ce n'est pas votre premier projet musical. Je me trompe ?

Alex : Non, nous avons fait partie de plusieurs formations musicales dont les Maniacs et Sunday Drivers. On a enregistré des disques avec ces groupes. 'Théorie De La Ligne Droite' est une compile remixée de trois maquettes artisanales sorties à cinquante exemplaires chacune.
Vous n'êtes que deux dans le groupe. Comment allez-vous procéder pour le live ? Allez-vous trouver des musiciens ? Utiliser des bandes ?
César : Nous avons plusieurs possibilités pour le live, par exemple à deux en acoustique ou avec des invités. Depuis quelques concerts nous jouons avec la même formation : Heleen à la basse, Christophe à la contrebasse, François à la pedal steel guitare et Marcel à la batterie. Des samples et nous hahaha !
Votre album s'appelle 'Théorie De La Ligne Droite'. Vous pouvez nous exposer ladite théorie en quelques mots ?
Alex : Eh bien les morceaux que je compose sont basés sur une seule note continue qui forme le squelette du projet. Cela reste le plus court chemin entre deux points.
À l'exception de quelques titres, le chant est toujours en français, ce qui est plutôt original vu le style de musique. Pourquoi ce choix ?
Alex : Enfin je me comprends chanter… Même si les autres ne comprennent pas ce que je veux dire…
La langue allemande colle peut-être plus à la touche sombre que dégage Moulinet. C'est pour ça que vous l'avez choisie sur quelques morceaux ?
César : On aime bien la rythmique que provoque cette langue, l'allemand adhère très facilement à une musique répétitive.
Vous avez mis une phrase dans le livret du disque pour expliquer, en quelque sorte, que vous ne voulez pas être classés dans un courant musical particulier. Vous faites partie de ces musiciens qui n'aiment pas les étiquettes ou est-ce une façon pour vous de dire que le son de Moulinet est original ?
Alex : Nous n'avons pas la prétention d'avoir un son original, nos influences sont diverses. Ce que nous assemblons fait 'Moulinet'. Nous laissons les autres nous étiqueter.
Sur l'album, vous êtes accompagnés sur deux titres par Heleen Treichler, la femme de Franz des Young Gods je crois. Comment est-elle venue se greffer à ce projet ?
César : Transit ou Voici ? Non sans déconner, Heleen est une super bassiste que l'on connaît depuis de nombreuses années. Sa façon de jouer s'intègre avec beaucoup de naturel dans nos mixtures.
Vous allez d'ailleurs ouvrir pour les Gods lors de leur passage à Fri-Son. C'est quelque chose d'important pour vous ?
Alex : Nous sommes hyper honorés de faire leur ouverture le 23 décembre, nous sommes des fans du premier jour. De plus, Fri-Son c’est un peu chez eux, donc je pense que la fête sera belle.
À la première écoute, le disque m'a d'ailleurs parfois fait penser aux Young Gods (je pense principalement à leurs premiers disques). Est-ce un groupe qui compte pour vous ?

Alex : Bien sûr, les Young Gods comptent pour nous, mais beaucoup de choses comptent pour nous.
On va parler un peu d'un autre groupe : Bak XIII. Damian (DDDmix) signe le remix d'un morceau et vous êtes sur Urgence Disk, le label du Baron Von Smock. Je ne suis pas surpris de vous voir collaborer de la sorte. Sur la scène genevoise, vous êtes un peu les deux dans la même marge. Ni metal, ni electro de dancefloor… Qu'en pensez-vous ?
César : Nos goûts musicaux ne s'arrêtent pas à des 'genres', c'est peut-être pour ça que Bak XIII et Moulinet peuvent parfaitement prendre des virages sans faire crisser les pneus.
Interview réalisée par e-mail en novembre 2005