Les Chroniques de Garence

20 juin 2010

Mon H&M

Classé dans : Le temps, Lui — Garence @ 14 h 03 min

En rentrant chez moi, je découvre la couverture laissée sur le sol du salon, les deux verres d’eau, la carafe et les deux emballages de glace Mövenpick sur la table basse. Je peux encore sentir sa présence, sa présence à Lui, celui qui mérite la majuscule lorsque j’écris de Lui, mon homme marié comme j’aime à l’appeler. Non pas que j’aime le fait qu’il soit marié, mais cette dénomination me permet de ne pas oublier cette condition le concernant. Comme si le fait de l’écrire ou de le dire préserverait mon petit cœur de s’emballer et d’aller percuter un mur de plein fouet quelques kilomètres plus tard. Astuce qui ne fera apparemment pas ses preuves, si j’en crois les manifestations chimiques qui se passent en moi depuis quelques temps.

Voilà quelques mois que nous nous connaissons maintenant. Quelques mois que nous nous voyons, en secret, préservant des bulles hors du temps, enveloppées de douceur et de partage. Jamais je n’avais cru cela possible un jour dois-je avouer. Une telle entente, une telle envie, un tel apaisement aux côtés de quelqu’un.

Je m’assieds sur le canapé et contemple l’espace vide préalablement habité par nos corps, nos voix, nos rires. Je sens son odeur qui est encore présente dans mon environnement quotidien. Ce sont les traces de sa venue chez moi. Traces qui s’estompent au fil des minutes qui passent et de la bulle qui s’éloigne.

chro_hetm_final

Je me souviens de la première fois où je l’ai accueilli chez moi. Cette fois là, je ne pensais pas lui montrer mon antre. Je me souviens de cette drôle d’impression lorsqu’il a passé le seuil de la porte, la limite entre l’espace public et l’espace privé était franchie. J’ai eu l’impression que quelqu’un entrait dans mon intimité. Je n’avais jamais ressenti cela de cette manière, tout comme la première fois où nous nous sommes tutoyés. Cela devenait un acte intime.

De ma vie, je n’ai le souvenir de m’être sentie si bien et entièrement moi aux côtés d’un homme. Une distance géographique et de statut nous tient à distance physique la plupart du temps, mais l’âme et le cœur sont connectés à travers le temps et l’espace.

Il est doux, drôle, beau et d’une acuité peu commune. Mon aîné de plus de 10 ans, apparemment si loin dans sa forme de vie, mais si proche dans l’être qu’il est.

Mon homme marié c’est un poème à lui tout seul, un coquelicot au milieu d’un champs, un sourire sur mes lèvres, une douceur sur ma peau, mais surtout une fraise inaccessible, celle que j’aperçois et que je ne peux savourer.

Mon homme marié est bien marié. Et si cela donne un côté romantique au début de la relation, cela pose aussi beaucoup de questions, de doutes et de frustrations parfois.

Ainsi, en plus du bonheur complexe qu’il m’apporte, mon homme marié m’apprend à aiguiser une vertu dont on dit qu’elle est mère de toutes ses compatriotes: la patience. Aïe ! Voilà un chemin initiatique pour la petite impatiente que je suis… ! Une fois de plus je me retrouve confrontée au temps qui passe, mais pour la première fois, je souhaite qu’il passe vite !

©MonalisaOD

©Garence

Propulsé par WordPress