Les Chroniques de Garence

29 mars 2010

Elément de passage

Classé dans : Consommation, Digestion, Le temps, Être au monde — Garence @ 18 h 13 min

Aujourd’hui, mon réveil s’opère avec « Disco Clown » de Munk et un maquillage chez MAC ! Vous pouvez imaginer le sourire se dessinant sur mes lèvres à la simple évocation de cette pensée ! Le soleil m’accompagne pour ce début de journée, que demander de plus ?

Un des privilèges de notre société est de mêler superficiel, superflu et essentiel ! la pensée, rigoureuse, me grandit chaque jour un peu plus et le matériel me permet de changer de forme au gré de mes humeurs ! Je vis une époque fantastique avec tout ce qu’elle comporte de douloureux et d’injuste.

L’ambiguïté d’exister au travers de ces deux paradoxes ne facilite rien à la donne « condition humaine »… Si je m’accepte changeante par moments, à d’autres je me trouve lunatique. Ma mère me pense adulescente. J’en aime l’idée, parfois. Mais là encore, les clichés me rendent réfractaire à tout forme de pensée rectiligne.

Consommatrice par excellence, je me sens bien dans mon époque. Je n’ai aucun problème à acheter. Souvent trop. Je ne sais ce qui me plaît le plus : le fait d’acheter, ou le fait de posséder. Si j’analyse mon comportement « grandes surfaces », je dirais que j’aime avoir. Et ainsi pouvoir choisir ! Ma mère, pour en revenir à elle, aime se balader dans les magasins, regarder, essayer et se changer les idées de cette manière. Moi je n’aime pas forcément les magasins, si je peux éviter de passer par la case « essai » concernant les vêtements, je le fais. Par contre, ne me laissez pas à Globus aux stands des cosmétiques, car je peux m’y perdre quelques heures. Futilités ? Peut-être, mais elles font du bien ! Ce sont les seuls rares moments où je prends du temps pour moi et où quelqu’un s’occupe de moi.

Cependant les égratignures et les aléas de la vie, matérialisant le temps qui passe ne m’offusquent pas plus que ça – enfin tant qu’il s’agit de traces laissées sur l’objet. Je ne suis pas encore suffisamment détachée pour affirmer ne pas tenir compte de mes cheveux blancs ou de mes rides naissantes! Hier par exemple, je me rends compte que la poignée de ma commode est cassée. Il s’agit d’une belle commode en bois massif qui renferme précieusement mon installation sonore. Ce matin, je reçois un message d’Hyppolite. Hyppolite est hébergé par nos soins 2 fois par semaine de manière plus ou moins régulière. Il m’avoue la faute commise : « Garence je suis confus car coupable d’une histoire terrible : hier j’ai décapité la clé du buffet du salon. Aujourd’hui j’ai couru tout le jour et n’ai pu t’appeler. J’aimerais réparer et j’espère que c’est possible. J’essaie de t’appeler demain. Hyppolite. »

Hyppolite, c’est tout un poème. Il songe à arrêter l’enseignement pour devenir fermier. Marginal parce qu’à l’écoute de son cœur et de son mode de vie, Hyppolite est une respiration sur terre.

Je lui réponds donc : « Ne te tracasse pas plus que nécessaire ! Les objets ont une vie aussi ! Le buffet est maintenant un petit éclopé, on essaie de réparer et sinon tant pis ! Pas grave ! Belle journée ! »

Cette histoire, ce meuble (qui doit être une troisième main au moins ! ) l’aura vécue en ma compagnie. C’est aussi une empreinte de moi sur l’objet. On ne peut s’empêcher de laisser des traces. Un besoin d’ancrer notre vie dans une globalité qui nous dépasse. Lui donner un sens ou du moins que la manifestation de nos vies dépasse notre simple sphère privée.

Être un élément de passage me plaît.
chronique3

J’aime être dans toute chose et que toute chose se retrouve en moi. Une unité, sans niveau, me réconciliant avec l’idée d’égalité. Le pouvoir malheureusement corrompt et l’argent est ravageur. Et l’ego ! Toujours là, en phase digestive.

Je continue à digérer donc !

©MonalisaOD

©Garence

14 mars 2010

Questions de temps

Classé dans : Digestion, Le temps, Questionnement, Être au monde — Garence @ 16 h 48 min

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