Les Chroniques de Garence

9 mai 2010

Rendez-vous galant

Classé dans : Les hommes — Garence @ 15 h 05 min

L’histoire commence par un clic. Un coup de cœur.

Clic clic clic clic clic clic clic tic tic tic tic tic tic tic tic tic tic tic

Voilà comment cela commence… avec le bruit des talons sur le pavé genevois, un jeudi soir automnal… la rencontre émoustillée, joyeuse et enchantée après des échanges internationaux.

Quel homme se cache derrière ces photographies et ces mots qui me charment ?

Aucune attente cependant, une envie de le voir, lui. Entendre sa voix et le voir bouger, s’animer.

Un message toque à la porte de mon téléphone portable, la connexion internationale se nationalise grâce à la technologie actuelle, à deux minutes de la rencontre : « Je suis devant ».

Une réponse : « Je marche dans les rues basses »… Mes talons new-yorkais, ma robe noire et mes bas ne se pressent pas, savourant chaque seconde de l’attente.

Le téléphone sonne : Marc. C’est lui ! Je lui raccroche au nez, sans faire exprès ! Je ris de ma maladresse et une excitation se fait sentir en moi. J’essaie de le rappeler, tombe sur son répondeur. Il parle en anglais sans cet accent horrible qu’ont la plupart des Français. Oui, je ne vous l’ai pas dit, il est Parisien. Ce détail ajoute un charme non négligeable. Paris la ville des lumières. Paris, la ville qui me ressource à chaque fois. Paris festive, Paris culturelle, Paris shopping, Paris que j’aime.

Je mets en scène mon arrivée. Non pas pour jouer un jeu devant lui, au contraire, je mets en scène le moment sans lui. Essayant de graver chaque instant dans mon corps, mes sensations et ma tête. Je me regarde dans une vitrine, évidemment insatisfaite de mes cheveux. Aïe ! J’aurais aimé qu’ils soient autrement. Bah ! Nous verrons bien ! Je vois une robe dans une autre vitrine. Pas mal, j’irais bien me l’acheter. Et je repense aux dernières folies en lingerie fine. Non, la robe sera pour une autre fois ! Quelques secondes passent, le moment de la rencontre approche et la distance raccourcit.

Une inspiration, voici la rue dans laquelle je tourne. Mes talons new-yorkais rythment mon pas, je l’espère avec élégance. Le sol plat commence à monter, je vois, dans le bas d’une vitrine, mes enjambées s’allongeant peu à peu. Plus que quelques mètres, j’inspire à nouveau, plus que deux coups d‘oeil et je le vois.

Lui,

grand, calme,

apparemment serein,

élégant.

Je n’ai aucun doute sur le fait que ce grand homme devant une vitrine ne soit lui. Je traverse la rue, le rejoins et j’esquisse un sourire afin de le saluer pour la première fois.

Un échange de bise pour se connaître. Doux. Français oui, il en a l’accent. La voix grave et bien posée. Il est grand, musclé, charmant. Il porte un manteau de la couleur des manteaux de certains cadres, vous savez, ce beige. Vous voyez, n’est-ce pas ?! Ce serait peut-être la seule chose qui me déplaît au premier coup d’œil.

Il se montre attentif et désolé de changer le lieu du repas (les tables sont trop serrées dans le premier restaurant et après avoir passé ces derniers jours dans des salles de réunions, assis, entouré des autres membres du conseil de direction, il rêve d’un peu d’espace). Un homme, poli, prévenant, bien fait de sa personne et apparemment au clair avec lui-même.

Je ne le regarde pas lorsque nous nous déplaçons. Il m’a déjà posé les questions qui ouvrent ma bouche afin de permettre à mon esprit de s’exprimer sur mon métier. Je formule donc.

Nous marchons et gravissons la colline de la vieille ville. Un restaurant connu de lui. Nous entrons. Pain et huile d’olive, un bonheur simple qu’il apprécie. Une assurance charmeuse le définit à cet instant. Je suppose qu’elle l’accompagne souvent. Il gère la discussion avec tact et charme.  Je note cette caractéristique de lui : c’est un meneur. Un meneur qui a envie d’être surpris. Je sens une curiosité de sa part, une envie d’en savoir plus. De connaître autre chose.

Il use savamment de son charme et je me laisse simplement guider et aller. J’ai envie d’être séduite, de vivre le moment présent sans me poser de questions.

Un sourire de sa part. Sourire qui illumine son visage et ses yeux. Son visage s’éclaire complètement et révèle une facette que l’on ne soupçonne pas forcément au premier abord : une certaine tendresse. Je distingue des étoiles et le vert qui définit la couleur de ses yeux. Je pense au fond de moi : qu’il est beau ! Il m’avait avoué user de l’anti-cerne parfois. Je m’attarde donc un court instant en dessous de ses yeux afin de déceler une trace qui me révèlerait l’usage du cosmétique ce soir-là. Mais à peine ai-je le temps d’y penser que mon attention revient au moment que nous partageons ensemble et je ne pourrais dire si l’usage en a été fait cette fois-ci.

Deux mondes se rencontrent avec plaisir. Nous nous racontons. Nos métiers, nos envies un peu. Nous dévoilons notre manière de voir le monde, de vivre nos vies a priori très différentes.

Le moment est vécu simplement et avec une certaine intensité. Je ne pense à rien qu’à être dans le moment présent et je me dis que j’aime cette belle assurance. J’aime que cet homme sorte de mon milieu. Intriguée et charmée j’imprime les images de ses sourires et je ne manque pas de pétillements dans les yeux.

Il aime parler, j’aime l’écouter. Il aime m’écouter, mais ne se laisse pas totalement aller. Il a besoin de maîtriser la conversation. Au fur et à mesure des mots échangés, je remarque une petite tendance à l’exagération de sa part, surestimant ce que je dis et se dénigrant un peu trop à mon goût. Comme si le fait de me mettre en valeur allait me faire sentir unique ou précieuse et le rendre attentif et considérant à mes yeux. Cette technique de drague me semble un peu ringarde et je ne peux m’empêcher de me dire que cela cache quelque chose de moins spontané et surtout de moins franc. Je ne m’en formalise pas, ayant décidé  de me laisser conter fleurette ce soir-là et profitant d’être accompagnée d’un beau mâle qui en jette, cela est certain, le tout encadré par un bon repas dans un restaurant fort agréable.

Il réussit même à me faire rougir avant le repas. J’imagine qu’il aime cette petite gêne. Et malgré les petits bémols mentionnés, la soirée est une réussite.

Lors de la bise du revoir, sa main fermement placée dans mon dos nous rapproche un peu plus qu’à la bise de la découverte et je peux humer son parfum qui me plaît.

chronique6

Une sensation de bien être me transporte jusqu’aux derniers sms qu’il m’envoie après nous être quittés, non sans me demander, au préalable, un deuxième rendez-vous.

Mais comme je l’avais pressenti, chaque être a ses contradictions et de cet homme, resteront, hormis la belle soirée, quelques échanges de messages sporadiques, mais pas de deuxième ni même de second rendez-vous. La question que l’on peut se poser alors serait (c’est en tout cas celle que je me pose !) : si même les hommes de 38 ans (nom d’une pipe !), célibataires, apparemment bien dans leurs baskets, manifestant un intérêt et un attrait plus que certain envers une jeune femme de 30 ans, n’arrivent pas à essayer d’en savoir un peu plus et honorer une invitation lancée, alors que va-t-on faire ?!

©MonalisaOD

©Garence

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