Les Chroniques de Garence

16 mai 2010

Carnets de voyage

Classé dans : Les hommes, Voyages — Garence @ 14 h 57 min

Le périple commence un soir d’hiver à Lausanne, au Bleu Lézard, entre deux tournées de Mojitos. Romy, Gloria et moi-même nous préparons à voir Trentemoller au D ! Nous rêvons de vacances et de chaleur. Je ne sais plus exactement qui, ni pourquoi nous en sommes venues là, mais nous décidons de nous offrir une escapade lors du prochain hiver, afin de ne pas en sortir épuisées et mortes de froid. La destination est lancée : l’Île de la Réunion.

Neuf mois plus tard, une Gloria en moins, un TGV, une arrivée à Paris avec « Rive Gauche » de Souchon (sélection due au hasard de la play liste préparée pour les vacances), une brève immersion dans le métro de la capitale, un RER, une attente dans le terminal 2C de l’aéroport de Roissy, deux clochards partageant un verre de vin rouge précieusement contenu dans une bouteille en plastique, un vomis de la femme clocharde, un visage tuméfié et humide, une odeur me chassant de mon refuge bancal, une arrivée de Romy me libérant de l’attente solitaire, deux Earl Grey, un tour opérateur mal organisé, deux check in, un passage au Dutty Free, quatre verres de vin rouge, un embarquement, douze heures de vol, un océan et un atterrissage nous font goûter aux 30 degrés tant attendus.

Opérationnelles dès notre première foulée en sol réunionnais, nous allons chercher la précieuse monture qui s’avèrera être notre fidèle destrier pour les huit prochains jours avant de gagner l’Île Maurice. Romy n’est pas peu fière d’avoir doublé nos compagnons de route, trois couples français ayant choisi le même tour opérateur que nous. Elle a ce côté compétitif joyeux et amusant. Elle aime savoir quelle est sa position dirons-nous simplement. Nous empruntons donc joyeusement et dynamiquement les routes avec les airs de Chérie FM pour rythmer l’allure. « Sensualité » à la radio, je pense à un Ami cher resté au froid.

L’océan au coin des yeux, nous sommes subjuguées par la verdure lourde, parfois sombre et surtout foisonnante (dense) de l’île. Nous sommes enveloppées, sans concession, au fil de virages par les odeurs et la flore.

Première étape : Hell Bourg. Une douche salvatrice nous permet de nous mettre en bouche afin de goûter à la spécialité de la région : le chouchou. Un goût ressemblant furieusement au concombre, apprêté de différentes manières. Nous visitons la maison Folio et manquons de nous endormir aidées par les heures de route, le manque de sommeil, le petit décalage horaire et la soudaine chaleur. Refusant de ne pas profiter au maximum de nos vacances, nous ingurgitons un café et reprenons la route afin de visiter un temple tamoul. Petite déception, les visites sont interdites en cette période. Nous prenons quelques photographies de l’extérieur et remontons rejoindre notre lieu d’accueil pour la nuit. Romy étudie avec une intensité et une énergie, que peu de gens déploient, le guide nous assurant de ne manquer aucune étape importante de notre visite. Elle s’immerge dans les précieuses pages, boit et relate tout ce qui vaut d’être su, afin d’être le mieux instruit possible sur l’excursion à venir. Une gorgée de punch maison la ramène au restaurant et lui hérisse les poils des bras. Cela nous rappelle un souvenir de zuika roumaine, rapportée par mes soins en 2003. Nos compagnons de route sont également là, attablés un peu plus loin. Nous manquons d’exploser lors du repas et nous regagnons, sagement notre couche, afin de nous recharger en énergie pour la journée suivante et ainsi affronter la marche prévue.

Lundi, le réveil s’opère subtilement (ou presque !) par un rideau tiré. Romy déjà debout veille au bon minutage des préparatifs. Un petit-déjeuner, des valises empaquetées (nous râlons déjà à l’idée du nombre de fois où nous allons faire, défaire nos affaires, chercher, perdre et finalement retrouver nos précieux trésors). Le temps d’un petit-déjeuner, Romy s’outre presque lorsqu’elle voit nos couples concurrents prendre la route avant nous. Mais nous revoilà déjà arpentant les virages, toujours avec les chansons de Chérie FM qui nous permettent de chanter à tue-tête nos airs rétros adorés.

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Cette fois nous cherchons le Trou de Fer. Une marche de trois heures nous permet d’atteindre notre but et permet à Romy de trouver la phrase du jour : «  Le trou de fer, ça se mérite ! ». Des odeurs de toutes sortes nous accompagnent, les yeux dans le vert, cette fin d’année et ces retrouvailles journalières (six ans de colocation de 20 à 26 ans) nous ravissent. Les vacances sont ancrées dans notre rythme, l’esprit et le corps se détendent.

Piton Sainte Rose : une coulée de lave arrêtée par miracle devant une église, un pipi sauvage nous agrémentant de quelques piqûres et révélant la deuxième phrase du jour à Romy : « Le pipi coûte cher », un nouvel hôtel (nos amis sont déjà là !) et nous cherchons le précieux restaurant qui saura calmer nos faims.

Paisiblement, nous évoquons des histoires de mecs et de sexe. Orgasme vaginal, clitoridien, fellation, les petits zizis, des nombres presque indécents, tout y passe ou presque ! Nous rions et j’avoue finalement l’envie de rencontrer quelqu’un. De construire. Pour la première fois depuis longtemps en avoir l’envie. La sauvageonne que je suis ne peut se résoudre à une histoire de couple casanière, mais l’envie d’une épaule et d’un cœur qui pourrait faire battre le mien à la chamade me transporte. Ce n’est pas le nombre de prétendants qui manquerait, mais l’envie n’y est pas avec eux.

L’hôtel, la play liste des vacances, « La conjuration des Imbéciles », un petit dodo et l’histoire continue !

Deuxième volet à suivre dans deux semaines!

©MonalisaOD

©Garence

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