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WGT - Leipzig 2006
par Damien Schmocker (aka Baron Von Smock)

Un peu comme un carnet de voyage, j’ai pris des notes au gré des lieux, des concerts et des personnes que j’ai rencontrés durant cette semaine en Allemagne, qui restera, une fois encore, mémorable…
Départ de Genève, direction Berlin. Je pose mes bagage à la consigne de la gare Alexander Platz, puis je me rends directement au SO36, club mythique de Berlin Est, dans le quartier de Kreutzberg, où j’ai rendez-vous avec Julien (organisateur des soirées Külschrank/Frigidaire à Lausanne (CH)) qui doit m’héberger pour la nuit. Au programme ce soir-là : « Leinigrad » qui est, comme son nom peux l’indiquer, un groupe de rouskouf qui ce soir met le feu à une salle de plus de 800 compatriotes, dansant sur un mélange de rock steady et d’une sorte de samba, avec un soupçon de klesmatique, dans la pure tradition des musiques qui ont bercé leur enfance…
Le lendemain matin, départ direction Leipzig. Arrivé à la gare, je vois comme chaque année des centaine de Grufties des 4 coins de l’Europe arpenter les halls et les couloirs de la gare. Le défilé commence. Je suis tout de suite dans le bain. C’est toujours un grand moment… J’attends mon nouveau rendez vous, c’est cette fois Manu (alias Xabec (ant Zen Records) & Underwater Pilots, projet plus synté-pop) qui m’offre l’hospitalité. Et assez vite je me retrouve devant les guichets pour prendre mon accréditation pour le Darklife Fanzine. Je tente tant bien que mal de me faire comprendre dans un allemand plus que rudimentaire (et repense tout à coup à une certaine époque, où, sur les bancs d’école, je régissais de manière assez épidermique aux sons de la langue de Goethe. Peut-être que j’aurais dû… ? Passons…)

Les festivités commencent au Werk II avec une soirée hors festival. Je me retrouve donc devant « Laibach », qui nous propose un tribute à BACH dans un live assez exceptionnel : à la Kraftwerk, les quatre protagonistes sont immobiles derrière leur laptop, présentant en quadriphonie un show assez hermétique et froid. Après l’intro, chaque membre du combo prend place autour d’un échiquier en forme de croix - façon plus irréaliste de jouer. Et commence une partie qui va durer une heure. Je suis perplexe, peut-être un peu sceptique. Je n’arrive pas réellement à saisir la quintessence de cette performance… mais je profite en revanche du son exceptionnel que Laibach nous donne ce soir-là, un véritable travail d’orfèvre ! Suite à cela, comme tout bon fêtard, je me rends à l’AGRA 4.2 pour une partie de Dj-sets jusqu’au bout de la nuit….

Voici que commence enfin mon boulot de photographe dans la fosse aux lions. En moyenne, ce sont à chaque fois entre 20 et 150 mangeurs d’âmes qui piétinent d’impatience jusqu’au coup d’envoi donné par un responsable de la sécurité, qui nous permet enfin de courir jusqu’au devant de la scène. (A noter qu’il vaut mieux ne pas confondre la droite et la gauche de la scène pour attendre ce fameux coup de sifflet, expérience faite : si tu te plantes de côté, tu as beau tenter de soudoyer le sympathique vigile au sourire glacial, tu l’as dans l’os !). Cependant, bon joueur, j’accepte les règles et je pars faire un tour au Parkbühne pour aller faire mes premiers clichés du festival avec le groupe Xangria. Puis vient le tour de Dreamside : des sons metal-gothique qui tiennent bien la route et une chanteuse qui se démarque avec un masque sorti tout droit du carnaval de Venise, une compositions très soignée et hautement remarquée par un public de fans. On est facilement fascinés par le bassiste, qui malgré son handicap au bras gauche, surprend par sa grande précision rythmique. Suit Samael, sans aucun doute le meilleur groupe suisse du style, dont beaucoup tentent d’imiter le style, sans jamais arriver à leur puissance et leur originalité. Une fois de plus, les quatre musiciens nous offrent un live majestueux avec une présence quasi parfaite juste au moment où la nuit commence à tomber. Superbe. Il est temps ensuite de rejoindre l’Agra. J’arrive à la fin du concert de Dracul, juste histoire de me faire une petite idée, soit… une impression de déjà vu, qui m’empêche franchement d’entrer dans cette ambiance que propose Mozart…
Puis, Deathstars, les Marylin Manson suédois, embrasent assez vite le public avec leur morceaux de metal bien typés scandinaves aux accents toutefois rock. Arrivent ensuite Lacrimosa, deuxième combo helvétique. Ce n’est pas le moment de faire une quelconque pause toilette ou autre : la salle est surbondée, 15 minutes pour pouvoir m’élancer enfin dans la fosse où on ne pourra rester que malheureuses7 minutes afin que la deuxième horde de photographes puisse nous remplacer… et je dois avouer que Tilo Wolff et Anne Nurmi Manier assurent ! Je ne les avais jamais vus en live et là, je reste scotché devant ce Best Of d’une intensivité remarquable…
Puis j’enchaîne avec Nitzer Ebb et le grand retour de Mc Carty sur la scène EBM, après plus de dix ans de vide ou presque, passant de petits clubs à quelques festivals. C’est avec Fixmer que le bonhomme à repris du poil de la bête. 2006 célèbre son retour avec ses plus grands succès qu’il revisite ce soir admirablement bien. Puis, direction le Anker, où les italiens de Spiritual Front doivent jouer à 21h45. Après 30 minutes de tram, je me fais jeter à cause du yaourt liquide que j’ai dans mon sac. Je m’en débarrasse et je reviens, je constate que les personne qui ont le bracelet du festival ne peuvent pas rentrer dans la salle, seuls ceux qui portent le model noir ainsi que la presse sont conviés... il faudra qu’on m’explique… Je rentre donc dans le club où visiblement la tendance du public est néo-folk et l’ambiance est assez bon enfant. Le chanteur, compositeur Simone Salvatori arrive sur scène vêtu d’une chemise noire et d’une cravate blanche, il salue l’auditoire qui lui retourne des paroles empreintes de respect et de vénération. Un public attentif tout au long de ce concert qui nous offre d’anciens titres mais également ceux de„Armageddon Gigolo“ pendant qu’au second plan défile le film „Raging Bull“ de Robert de Niro.

Je change radicalement de registre avec Glis, combo de Seattle qui se retrouve propulsé sur la scène du Kohlrabizirkus nous livrant un set electro-power-noise façon ebm d’une énergie des plus fulgurantes, marquant les esprits et laissant ainsi une salle surchauffée pour la suite… Sonar le projet le plus electro de Dirk Iven (Klinik, Dive et patron du label Dart records) et d’Eric Van Wonterghem (Monolith, Insekt) qui avec un survoltage de décibels, danse au rythme des beats indus et du matraquages qui ensorcellent un public de véritables fans déchaînés devant le maître incontesté de cette discipline.

Journée au Dark Flower. Comme si c’était 2heure du matin mais en plein après midi : la salle est bondée à craquer, l’ambiance est chaleureuse et le dj très electrodark comme j’aime ! J’y reste donc volontiers pour boire 2 ou 3 verres. Puis il est temps d’aller reprendre l’air et de faire un peu de shoping à « Xtra » qui pour l’occasion a ouvert une arcade de solderie gothico-rock n’ roll. Retour aux concerts : les Killing Miranda jouent devant trop peu de monde à mon goût, mais débordent d’énergie positive avec un crossover-metal-indus lourd et titanesque. Puis, je me rends auWerk II, un des clubs les plus mythique de Leipzig qui présente toute l’année une programmation régulière et alléchante. C’est là que Implant s’aiguise les dents. Je laisse pour l’occasion mon appareil photo à Damian (Bak XII) puisque je dois prendre possession des commandes de la console de mixage. Un vrai bonheur ! Le concert est une merveille : Implant met le feu à la salle qui (re)tombe sous le charme du duo belge que l’on sait travailler régulièrement avec Anne Clark .Puis, encore une découverte avec Sono personnage pratiquant une electro-pop-rock très clubing et très fraîche, qui me laisse la même bonne impression que IAMX lors du WGT 2005 avec des mélodie tubesques et simplement géniales.
S’ensuit un show final au Morizbasteï, lieu tout en brique, magique et magnifique avec ses couloirs et ses labyrinthes, avec Edward Kaspel et ses Legendary Pink Dots qui n’ont pris aucune rides, malgré leurs 40 albums et une longue carrière. Ce concert est véritablement généreux, pour les amoureux de la musique fait par des amoureux de cet art qui nous fait vibrer. Je suis à chaque fois éblouis par ce combo et me réjouis déjà de leur prochain passage à l’Usine de Genève (CH) le 30/08/06 !

Mon petit séjour touche déjà à sa fin. Le WGT reste un festival unique, organisé de manière admirable dans une ville accueillante et riche qu’il faut véritablement prendre la peine de visiter. J’espère un jour pouvoir y venir jouer avec notre projet BAK XIII ;-)
Bravo aux organisateurs et à l’année prochaine !

 

 

MUSIQUE - Le gothique des eighties se paie un come-back sur des rythmes technoïdes. Cap sur une résurgence avec le Genevois Damien Schmocker, cheville ouvrière du label Urgence Disk et membre du groupe electro-industriel Bak XIII, en concert samedi à l'Usine.

Electronique dansante et esthétique gothique font la noce plus souvent qu'à leur tour. Quand le spleen mortifère de Joy Division, The Cure et Bauhaus recharge ses batteries sur les pulsations de la techno, les oiseaux de nuit ont les joues qui s'empourprent. C'est le cas sur les rives du Léman – si chères au poète Lord Byron et à Mary Shelley, la mère de Frankenstein. Des associations comme Sanctuary, Interstice et le label Urgence Disk y déploient une activité débordante. Créé il y a un peu plus de six ans et fort d'une quarantaine de références, Urgence Disk déborde volontiers le cadre grâce à des productions rock comme Macadam Pale Horses ou Hell's Kitchen. Mais son maître d'oeuvre Damien Schmocker (alias Baron von Schmock) est surtout connu pour orchestrer à Genève les soirées Electrodark (la 35e édition est prévue le 11 février au Kab). Ainsi que pour son activité au sein des groupes Fade, Artmode et Bak XIII. Samedi, ces derniers sont à l'affiche du Zoo de l'Usine: l'occasion de faire le point avec le «Baron noir», qui manie samples et vidéo aux côtés de DDDMix (voix, programmation) et Garf (guitare).

La scène «electro-dark» semble vivace et repose sur une quantité d'échanges et de collaborations...

Damien Schmocker: C'est vrai, des associations comme Sanctuary, Black Soap et surtout Interstice, avec qui je travaille régulièrement, sont actives à Genève, à Annecy et dans le Jura suisse. Le public est agréable et ouvert d'esprit, que ce soit face à des propositions extrêmes comme l'industriel des Anglais Whitehouse, qu'avec la new wave poppy de Visage, le planant de Neurosis, les machines de Nine Inch Nails (NIN). Sans compter les performances trash comme celle du 30 décembre dernier à l'Usine, avec Suka Off, de Pologne, et Lukas Zpira, de France (nudité, bondage et body art, ndlr). Ce ne sont jamais des soirées «lourdes» comme certaines techno parties, le public reste mixte jusqu'à la fin et les demoiselles ne se font pas «brancher» par des hordes de gros lourds... Les mouvements des années 80 reviennent en force, Marilyn Manson et The Cure ont rempli Avenches l'été dernier (au Festival Rock'Oz Arènes, ndlr) idem pour Depeche Mode à l'Arena, Bauhaus à Paris... On voit arriver des groupes comme Interpol, Boards of Canada ou Rapture qui incitent la nouvelle génération à découvrir les fondateurs de ces musiques.

Marilyn Manson, NIN, Visage sont très hétéroclites: qu'ont-ils de commun avec les pionniers «cold» et «new-vave»?

– Steve Strange de Visage était là dès la fin des années 70, avec son club Billy's à Londres, où des groupes comme The Cure, The Police ou Stray Cats ont fait leurs premières apparitions. En plus, son «Fade to Grey» est le morceau new-wave par excellence. NIN à débuté dans les eighties sous l'influence de Foetus, qui lui-même a inspiré Ministry, KMFDM, Die Krupps. Tous ces groupes perpétuent à leur manière la noirceur de Cure et Joy Division.


Des nostalgiques revivalistes, Bak XIII et leurs amis?

– Nostalgiques non, pas vraiment, et les revivals c'est bon pour la mode et le business. Il s'agit plus d'un esthétisme lié aux fringues, à l'image «noire et blanche», avec ses films, sa littérature, tout qui constitue le mouvement lié à la musique gothique, «dark wave», etc.


Pour le profane, qu'est-ce que l'EBM (Electronic Body Music) tel que pratiqué par Bak XIII?

– Pas besoin d'appartenir à un mouvement musical pour adhérer à l'EBM. Créé au début des années 80, c'est l'un des styles électroniques les plus proche du rock. Pour Bak XIII, c'est un hommage à ces années-là, remises au goût du jour. Cela correspond aussi à mes premières expérience en tant que Dj-electro, d'où le pseudo Electrodark qui m'a été donné sur un chantier quand je bossais comme électro, en 1983.


Comment la techno a-t-ellechamboulé la musique gothique?

– Je pense qu'on doit ça à New Order, qui a clairement sonné le glas avec le tube «Blue Monday» et son studio à Ibiza. Après ça, dès 1986, une quantité de formation synthé-pop ont vu le jour et ont fait danser les «goth» dans les clubs et les fêtes privées. Les Allemands de D.A.F et les Suisses de Grauzone (avec un certain Stephan Eicher et son frère Martin, ndlr) ont permis au mouvement gothique de s'approprier ses icônes de l'électro-pop.


A propos des performances «trash» évoquées plus haut, d'où vient la fascination des gothiques pour le morbide et le sado-masochisme?

– La fascination du morbide se retrouve dans toutes les musiques, jazz, classique, rock, metal, etc. La tête de mort est dans toutes les religions et fêtes ethno, et chez les militaires du monde entier. Pour le SM, je pense à l'imagerie du Bondage qui a été volée aux années 50, avec Dame Betty Page et sa petite frange, ses artifices, fouets et corsets peu pratiques mais très jolis à regarder. Des artistes comme Die Form et Marie-Claire Cordat en ont fait leur signature.


A quoi faut-il s'attendre, samedi, sur la scène du Zoo?

– A des concerts survoltés et un très bon travail vidéo du collectif Akinetik. Surtout ne pas manquer Wai Pi Wai, le projet commun du Français Jérôme Soudan (Mimetic, Von Magnet) et du Belge Hermann Klapholz (Ah Cama-Sotz) qui déborde d'originalité avec une electronica puissante et intelligente. ____________________________________________________

Urgence Disk est plus prolifique que jamais. Quels sont les projets du label?

– En 2005, nous avons édité huit albums et une compilation pour le magazine berlinois Darklife comprenant dix-huit noms du label. En 2006 sont prévus des albums des Belges Weathermen et ceux de Floating Mind, Flintology, Herr Liebe, le quatrième Bak XIII, un nouveau Fade (enfin!), mais aussi Red Sonic, Mimetic, Music For The Space, De Luto, les Français Dolls of Pain et Wäks.
Quant à Bak XIII, parallèlement à notre dernier album Morituri te salutant, nous avons réalisé un maxi vinyle avec le duo français Holeg & Spies, qui se produira également samedi (des remixeurs multimédia d'Anne Clark, Von Magnet et du film «Ichi The Killer» de Takashi Miike, ndlr).


Un rêve à réaliser?

– Pas vraiment, juste l'espoir que le label grandisse. Je ne dirais pas non à des collaborations avec Gary Numan, Colin Newman de Wire, ou Martin Rev de Suicide. Ou avec d'autres labels qui nous permettent d'élargir notre distribution à l'étranger. Aujourd'hui, on trouve Urgence Disk un peu partout, au Japon, au Pérou, en Russie, en Pologne, en Allemagne... dans plus de vingt pays pour l'instant, mais bien sûr à titre «underground» et à petite échelle.

Dernière mise à jour : ( 19-08-2015 )
 
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Dernière mise à jour : ( 15-06-2007 )
 
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